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12 élèves par classe au CP: des écoles en grève contre la réforme

Petite fille en classe de CP.

Petite fille en classe de CP. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Certains parents d'élèves redoutent que la mesure soient mise en œuvre au détriment d'autres classes.

Douze élèves par classe dans les réseaux d'éducation prioritaires (REP+) pour aider les écoliers à acquérir les compétences scolaires de base, tel est l'objectif que s'est fixé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. "Tous les enfants doivent sortir de CP avec ces compétences: lire, écrire, compter et respecter autrui", a-t-il réaffirmé lundi à nos confrères de La Voix du Nord. Sauf que les syndicats de parents d'élèves ne voient pas la mesure d'un très bon œil. Plusieurs écoles de Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne, du Rhône et du Var ont fermé leurs portes pour protester contre la mesure, détaille Europe 1.

En cause, le fait que l'initiative qui induit la démultiplication, du moins le doublement, des classes de cours préparatoire risque de priver d'autres élèves de certains moyens. Rachel Schneider, secrétaire départemental du syndicat SNUipp-FSU de Seine-Saint-Denis s'interroge: "Est-ce que cela vaut la peine, pour un seul groupe de douze enfants de CP, de renoncer à la peinture ou à l'informatique pour l'ensemble des autres classes?"

Dès la rentrée, 2.500 classes dédoublées

Le ministre de l'Education nationale se veut évidemment rassurant. "Sur 4.000 créations de postes, nous en consacrons 2.500 en dédoublement des CP en REP+", a assuré le ministre, évitant "qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul" pour ces classes de 12 élèves maximum.

Un autre problème est de concilier cette réforme avec celle engagée à la fin du quinquennat de François Hollande. A savoir la présence de deux enseignants dans certaines classes qui favoriserait la compréhension des élèves par une plus grande disponibilité des enseignants. 

"Nous continuerons à mettre en oeuvre (le plan 'Plus de maîtres que de classes'), avec moins de professeurs dédiés", a fait valoir Jean-Michel Balnquer. "Nous faisons coexister les deux dispositifs pour pouvoir les évaluer et avancer", a-t-il ajouté. "Jusqu'à présent les études nationales et internationales ont montré une efficacité des dispositifs de dédoublement", mais pas de dispositif comparable à "'Plus de maîtres que de classes'".

Les syndicats enseignants voudraient avoir le choix

Là encore, Rachel Schneider, du SNUipp-FSU 93, se montre très réservée. D'une part, fait-elle valoir sur BFMTV, "les postes (2.500 promis par le ministre, NDLR) ne seront pas là pour la rentrée de septembre 2017, mais pour celle de septembre 2018. Donc, en attendant, on fait avec les postes qui étaient déjà prévu pour autre chose puisque la rentrée pour septembre 2017 est prête. Le fait que l'on prenne sur des postes existants met un terme au dispositif 'Plus de maîtres que de classes' qui s'était déployé en éducation prioritaire et il faudra également utiliser des postes de remplaçants. C'est une vraie difficulté, c'est pour cela qu'on souhaiterait différer et mettre en place avec une année de construction." D'autre part, "c'est vrai qu'il y a un problème de locaux", abonde-t-elle. "Sur les 109 écoles concernées, 64 n'ont pas les salles de classe disponibles."

Pour le syndicat national des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC, la solution serait de donner au moins temporairement le choix aux équipes éducatives de mettre en place "soit le CP à effectifs réduits, soit le 'Plus de maîtres que de classes' qui avaient déjà commencé à porter ses fruits". Un appel au ministre est lancé pour discuter de ces questions.

Le ministre est attendu lundi après-midi dans une école primaire de Tourcoing, où il lancera l'opération "Un livre pour les vacances" en Hauts-de-France en distribuant aux élèves de CM2 des exemplaires des Fables de la Fontaine.

David Namias