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Des étudiants infirmiers racontent les humiliations durant leurs études

Dans l'ouvrage "Omerta à l’Hôpital" qui sort jeudi prochain, des infirmiers racontent leurs études. Et beaucoup décrivent des humiliations, des pressions psychologiques, ou encore des violences physiques.

Le métier d'infirmier reste l'un des plus aimés en France. 91% des Français ont une excellente image d'eux. Pour autant, le quotidien de ceux qui arpentent les couloirs des hôpitaux reste peu enviable. Sous-effectifs, coupes budgétaires, cadences infernales, depuis plus d'un an les syndicats dénoncent leurs conditions de travail.

"On peut se sentir considéré comme un jouet"

Cette fois-ci, ce sont les étudiants en soins infirmiers qui ont pris la plume. Dans un ouvrage à paraître jeudi prochain, 130 d'entres eux reviennent sur les violences subies durant leurs études, et souhaitent dénoncer l'"Omerta à l'Hôpital". Parmi eux, Lisa. Au micro de BFMTV, elle raconte son stage de formation. 

"On peut se sentir considéré comme un jouet, une attraction du service. On me pousse dans les couloirs en me disant: va sortir les poubelles puisque tu n'es bonne qu'à ça", raconte Lisa au micro de BFMTV

Une formation vécue comme violente pour 85%

Confronté à ces pressions psychologiques, ces violences quelquefois physiques, Lisa tient sept semaines sur les dix normalement prévues… Son stage est, de fait, invalidé. Et ce cas n'est pas unique.

En 2013, une vaste enquête a été menée auprès des étudiants dans le domaine de la santé. Le constat est sans appel. 85,4% des étudiants en soins infirmiers décrivent une formation vécue comme violente.

Reste que l'an passé, 31.000 personnes sont entrées en première année d’étude préparatoires au diplôme d’infirmier. C'est pourquoi Valérie Auslender, docteur et auteur de l'ouvrage "Omerta à l'Hopital" a contacté neuf experts pour proposer des pistes de réflexions et ainsi mettre un terme à ces violences subies. 

E. H.