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Déconfinement à partir du 11 mai: les questions qui restent sans réponse

Port du masque, interdiction de voyager à plus de 100 km de chez-soi, réouverture des écoles... Dans moins de deux semaines, les premières mesures de déconfinement annoncées ce mardi par Edouard Philippe entreront en vigueur un peu partout sur le territoire. Mais tous les détails ne sont pas encore clairement établis et certaines questions techniques demeurent sans réponse.

Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé, ce mardi, le plan de déconfinement qui doit prendre effet à partir de 11 mai, si les chiffres de l'épidémie continuent à aller dans le bon sens, c'est-à-dire si le nombre de cas et d'hospitalisations liées au Covid-19 continue sa baisse.

Mais, avec la mise en place de nouvelles mesures de restriction de circulation, la réouverture de certains établissements scolaires et l'obligation du port du masque, plusieurs questions restent encore sans réponse concernant l'application concrète des mesures présentées par le gouvernement

  • Jusqu'où pourra-t-on aller sans autorisation?

A partir du 11 mai, il sera désormais possible de se déplacer sans autorisation, mais uniquement dans un rayon de 100 km autour de chez soi et sans quitter sa région ou son département, a annoncé Edouard Philippe devant l'Assemblée nationale. Les déplacements interdépartementaux ou interrégionaux seront réduits "aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus", a-t-il précisé.

Il n'est, à ce jour, pas précisé comment ces restrictions de circulation vont être appliquées. En effet, une personne vivant près d'"une frontière" interrégionale ou interdépartementale pourra-t-elle se rendre dans la région voisine, si celle-ci est située à moins de 100km? Une nouvelle attestation va-t-elle être mise en place? Edouard Philippe, n'a, pour l'heure, pas répondu à ces questions d'ordre technique. 

  • Quid de la rentrée des 4e, 3e et du lycée?

La réouverture des collèges prévue le 18 mai ne pourra survenir que dans les départements où la circulation du virus sera très faible, en fonction de l'état des lieux qui sera réalisé et diffusé quotidiennement à partir de jeudi, département par département, par Jérôme Salomon: certains départements seront en vert, d'autres en rouge. Le Premier ministre a précisé que la rentrée concernerait, dans un premier temps, les classes de 6e et 5e.

Quant aux classes de 4e et 3e, le gouvernement a fait savoir qu'il se prononcerait "fin mai" sur leur réouverture, après l'obtention de "garanties totales" sur le plan sanitaire, a expliqué mardi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Interrogé au journal de TF1, le ministre a dit prévoir "un point à la fin du mois de mai" et une décision sera prise "en fonction de l'évolution de la situation sanitaire et sociale".

Quant aux lycées, le gouvernement doit statuer sur leur réouverture à la fin du mois de mai également. Les lycées professionnels seraient les premiers à reprendre les cours. 

  • Comment va se passer la sécurisation des transports?

Ce mardi après-midi devant l'Assemblée nationale, Edouard Philippe a annoncé une reprise des transports en commun à partir du 11 mai, tout en expliquant qu'il voulait en faire "baisser la demande" et qu'il fallait mettre en place des mesures sanitaires pour limiter la propagation du virus. 

"Les opérateurs devront (...) s'organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières", a-t-il ajouté. "Cela veut dire, par exemple, que la capacité du métro parisien sera (...) drastiquement réduite par rapport à sa capacité normale. Qu'il faudra (...) condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol, la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence", a-t-il précisé.

La présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse a d'ores et déjà estimé mardi soir que le déconfinement dans sa région le 11 mai n'était "pas gagné", rappelant que les entreprises de transports n'avaient que trois semaines pour "sécuriser les transports" et "limiter leur usage".

Cependant, on ignore encore comment les autorités publiques vont pouvoir, concrètement, faire respecter les mesures de distanciation sociale ainsi que les gestes barrières dans les transports en commun, qui peuvent être bondés aux heures de pointe, notamment dans certaines régions comme l'Ile-de-France. 

Des concertations doivent s'engager très rapidement au niveau local entre les autorités organisatrices, les usagers et les opérateurs de transport pour régler les détails techniques, a indiqué Edouard Philippe. Mardi soir, Valérie Pécresse et Edouard Philippe ont déjà lancé des pistes telles que le marquage au sol, le port du masque ou encore la mise en place de "protocoles de nettoyage et de désinfection".

  • Masques: quelles sanctions pour les contrevenants?

Dans le métro, le RER, le bus et les bus scolaires: les usagers des transports publics auront, à partir du 11 mai, l'obligation de porter un masque de protection afin de limiter la propagation du coronavirus. Ce sera également le cas pour les élèves de collèges, une fois que leurs établissements scolaires auront rouverts, soit à partir du 18 mai, mais aussi les enseignants et les personnels de la petite enfance. Néanmoins, le chef du gouvernement n'a pas précisé, dans son discours ce mardi, à quelles sanctions seront soumis les contrevenants. 

  • Que va-t-il se passer cet été?

Le gouvernement prendra une décision sur une éventuelle réouverture des bars, cafés et restaurants fin mai, pour décider s’ils pourront ouvrir après le 2 juin, a-t-il précisé.

Si l'on sait déjà que les grands rassemblements tels que les festivals ou autres concerts et manifestations ne pourront pas se tenir avant le mois de septembre, on ignore toujours si les vacances scolaires de juillet-août vont être maintenues dans la forme qu'on leur connaît.

"Je donne rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement, et prendrons en particulier des décisions sur l’organisation des cafés, des restaurants, des vacances", a expliqué le Premier ministre.
Jeanne Bulant