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Croissance en berne et baisse du pouvoir d’achat

l'économie française devrait ralentir fortement cette année, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% l'an dernier.

l'économie française devrait ralentir fortement cette année, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% l'an dernier. - -

Inférieure aux prévisions du gouvernement, la croissance sera faible en France en 2012, selon l'Insee : 0,4%. Une baisse du pouvoir d'achat est également attendue pour cette année, la plus forte depuis 28 ans. Analyse.

Elles étaient attendues par le gouvernement : l'Insee a publié hier ses prévisions de croissance pour 2012. Et sans surprise, l'économie française devrait ralentir fortement cette année, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% l'an dernier. C'est un peu moins que le 0,5% escompté par le gouvernement pour tenir ses engagements de réduction du déficit public. Il aura l'occasion d'ajuster son objectif lorsqu'il présentera le 4 juillet son projet de budget rectifié.

L'Insee plus pessimiste que l'OCDE et le FMI

Cette prévision est aussi plus pessimiste que celles de l'OCDE (+0,6%) et du FMI (+0,5). Et elle place la France derrière l'Allemagne, qui devrait connaître, selon l'Insee, une croissance de 1% en 2012. Mais, point positif, la croissance française devrait être supérieure à la moyenne de la zone euro, en pleine récession (-0,3%). Autre indicateur inquiétant : le pouvoir d'achat des Français. Ce dernier plonge littéralement et devrait baisser de 1,2% en 2012. C'est son plus fort recul depuis 1984.

« On ne fait pas grand-chose avec 0,4% de croissance »

Philippe Moati est professeur d'économie à l'université Paris-Diderot, et co-fondateur de l'Observatoire Société et Consommation. Pour lui, 0,4% de croissance c’est synonyme de baisse du niveau de vie : « On ne fait pas grand-chose malheureusement avec 0,4% de croissance. On peut imaginer que la situation de l’emploi ne va pas s’améliorer avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l’indemnisation des chômeurs. Ça va réduire encore un peu les marges de manœuvre budgétaire du gouvernement. Ca relève encore le niveau d’exigence en matière de réduction des dépenses ou d’augmentation des recettes. Soit nous payons plus d’impôts, soit nous recevons moins de prestations, moins de déductions fiscales. D’un côté ou de l’autre, c’est le niveau de vie qui va baisser ».

«Le budget vacances va être amputé »

Le pouvoir d'achat connaît son plus fort recul depuis 28 ans. Pour Philippe Moati cela se traduit par la baisse des dépenses des ménages sur certains types de biens ou de services : « Traditionnellement, lorsque les ménages subissent une tension sur leur pouvoir d’achat, ils commencent par reporter les achats reportables : meuble, équipement de la maison électro-ménager. Et puis les dépenses loisir. On essaye de les préserver en général car c’est très important surtout en période de crise. C’est ça qui donne un peu de sel à la vie. Malgré tout on rabote un petit peu donc il est probable que le budget vacances soit lui-même amputé ».

La Rédaction avec Benjamin Smadja