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Cotons-tiges, lingettes, bouteilles en plastique… Ces produits du quotidien qui vont disparaître

Des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage.

Des bouteilles en plastique dans une usine de recyclage. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Les micro-billes en plastique dans certains produits cosmétiques sont interdits depuis le 1er janvier. Les cotons-tiges suivront en 2020. Et après? De nombreux produits du quotidien à base de plastique, nocifs pour l'environnement, pourraient disparaître dans les années à venir.

Allez faire un tour dans les placards de votre cuisine ou de votre salle de bain. Combien de produits du quotidien, considérés comme nocif pour l’environnement, y trouveront encore leur place dans les années à venir? Pas beaucoup, notamment ceux contenant du plastique et qui sont à usage unique, répondent les défenseurs de l’environnement.

Depuis le 1er janvier 2018: Les crèmes exfoliantes, certains shampoings et certains dentifrices

Elles sont minuscules et s’évacuent avec les eaux usées pour finir directement dans les rivières ou dans la mer. Depuis le début du mois les micros-billes de plastiques sont interdites dans les produits cosmétiques, comme les crèmes exfoliantes, les solutions de gommage, les gels douches à billes et même certains dentifrices. "Pour nous c’est une avancée, mais c’est un petit pas, avance Antidia Citores, de l’ONG Surfrider. Vous pouvez encore trouver des micro-billes dans vos produits ménagers. L’industrie des détergents n’était pas prête pour mettre en place des alternatives, ils ont fait du lobbying pour ne pas être inclus dans les produits concernés".

En 2020, la fin des cotons-tiges et de la vaisselle en plastique

Le produit est déjà dans le viseur des ORL, qui jugent qu’avoir recours trop régulièrement aux cotons-tiges n’est pas bon pour vos oreilles. Le 1er janvier 2020, ceux constitués d’un bâtonnet en plastique seront purement et simplement interdits. C’est ce que prévoit la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2017. "Ceux qui posaient problèmes ce sont ceux qui étaient balancés dans les éviers ou les toilettes, parce que le plastique terminait bien souvent directement dans les rivières et la mer", explique Laura Chatel, chargée de campagne chez Zéro Waste. Le concept de coton-tige n’est pas complètement mort, puisqu’il existe des alternatives en matières biodégradables.

  • La vaisselle en plastique, celle que vous embarquiez pour vos picnics, sera elle aussi bannie des rayons des supermarchés. "On en retrouve partout sur les plages, et souvent sous forme fragmentée", raconte Antidia Citores. Mais "l’interdiction est assez limitée", ajoute Laure Chatel: "on va pouvoir continuer à utiliser les gobelets en plastique dans les machines à café, les touillettes, et même les pailles".

Les pailles en plastique, suivantes sur la liste?

Les pailles en plastique, justement. Elles ne font l’objet d’aucune interdiction pour le moment. "Même certaines personnes qui sont impliquées dans le mouvement pour la réduction des déchets pensent instinctivement que les pailles sont incluses dans la loi qui interdit la vaisselle en plastique pour 2020", remarque Mounia El Kotni, co-fondatrice de l’association "Bas les Pailles". A la base, sa volonté de bannir les pailles en plastique n’était qu’une pétition, qui a recueillie à ce jour plus de 42.000 signatures.

Peu triées par les consommateurs, qui ne s’en servent qu’une seule fois, les pailles en plastique se retrouvent souvent avec les déchets ménagers, voire directement dans le caniveau. "On peut déjà commencer par commander son Perrier ou son mojito sans paille, explique Monia El Kotni. Pour les boissons à emporter, la solution c’est d’avoir sa paille sur soi: en inox, en verre, en bambou… Il existe aussi des pailles recyclables, en amidon de maïs ou en carton". Il faudra aussi convaincre le secteur de la restauration rapide. Une étude de mars 2017 commandée par une ONG britannique, estimée la consommation annuelle pour le secteur à 3,2 milliards de pailles, rien que pour la France.

Les lingettes, calvaire des canalisations

Avouez qu’elles sont pratiques, ces petites lingettes pour nettoyer le plan de travail de la cuisine. Ou même celles que vous utilisez pour vous démaquiller. Mais la planète ne vous remercie pas. "Sur les plages, on retrouve aussi des produits comme des applicateurs de tampon ou des serviettes hygiéniques, raconte Antidia Citores. Il y a aussi un effet négatif sur le traitement de l’eau, avec un colmatage des grilles dans les stations d’épuration".

Chez les défenseurs de l’environnement, on note les efforts de l’industrie cosmétique dans le domaine. Mais ils sont encore insuffisants. Quant aux lingettes ménagères, "ce sont des produits composites, absolument pas recyclables parce qu’imbibés de produits et fabriqués à base de coton et de plastique mélangés, remarque Laura Chatel. On pourrait les interdire, ou en tout cas les taxer".

Les bouteilles d’eau, c'est pour bientôt?

Bientôt la fin de la corvée des packs d’eau au moment de faire vos courses? La loi ne prévoit rien pour le moment. Mais le jour où les bouteilles en plastique disparaîtront, ce ne sera pas pour vous soulager. "Les bouteilles d’eau en plastique sont dans notre top 3 des déchets retrouvés en milieu aquatique", révèle Antidia Citores. Selon la militante de Surfrider, "le taux de recyclage des bouteilles n’est que de 35%. Avec l’eau potable du robinet, il n’y a pas de raison, si ce n’est gustative, de recourir à une bouteille d’eau en plastique". 

Chez Zéro Waste, Laura Chatel plaide pour qu’on "favorise la mise en place de fontaines à eau. Pour faire en sorte que les gens utilisent des gourdes et puissent les remplir. Certaines villes américaines comme San Francisco ont déjà interdit l’usage des bouteilles d’eau sur certains événements". "On retrouve plutôt les petites bouteilles, donc il faudrait aller vers une interdiction de ces petits volumes, en particulier ceux inférieurs à 20cl", conclut Antidia Citores.

Antoine Maes