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Coronavirus: "On est dépassés", témoigne une soignante de Mulhouse à bout de forces

"On ne peut plus proposer tous les soins à tous les patients", raconte une soignante de Mulhouse, ville particulièrement touchée par l'épidémie de coronavirus.

"La situation fait qu'il faut dire les choses telles qu'elles sont pour faire prendre conscience à la population la gravité de l'enjeu. On peut plus cacher les choses, on est dépassés", raconte Carole, une infirmière de l'hôpital de Mulhouse. La ville est très touchée par la pandémie de coronavirus depuis une réunion d'une Eglise évangélique, qui avait réuni 2000 personnes. 

"J'ai peur pour moi, j'ai peur pour mes proches, j'ai du mal à voir l'issue", continue la soignante, visiblement très affectée par la situation. "On a des patients très jeunes sans problèmes de santé qui sont en réanimation", explique-t-elle la voix cassée par l'émotion. "Le virus touche tous les âges."

Les soignants doivent déjà faire des choix

"On est amenés à devoir faire des choix, on ne peut plus proposer tous les soins à tous les patients", regrette-t-elle encore. "On doit choisir qui a le plus de chances de se rétablir par la suite, c'est difficile pour nous de se dire qu'on ne tente pas tout pour chacun."

Pour remédier à la situation dans la région, l'armée est venue en renfort ce samedi. Un avion médicalisé va évacuer des patients à destination de l'Aquitaine. Un hôpital militaire est également en cours de déploiement. 

Un confinement plus strict

L'infirmière se prononce pour un confinement beaucoup plus drastique. Depuis l'annonce des mesures de confinement, les villes se sont vidées mais les habitants sortent toujours. Plusieurs villes ont dû fermer certains lieux publics, comme les quais de Seine à Paris ou la promenade des Anglais à Nice, pour dissuader les gens de sortir.

"Je pense qu'il faudrait vraiment un confinement drastique, que les gens restent chez eux et que ce soit vraiment appliqué", explique Carole. "Là de pouvoir sortir faire son sport c'est n'importe quoi, il faut que les gens restent chez eux", juge-t-elle pour conclure.
Camille Sarazin