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Coronavirus: les Français plus que jamais appelés à rester chez eux ce week-end

L'armée arrive à l'hôpital de Mulhouse le 21 mars 2020.

L'armée arrive à l'hôpital de Mulhouse le 21 mars 2020. - Sébastien Bozon - AFP

Alors que les Français sont appelés à respecter le confinement ce week-end, l'armée aide à désengorger les hôpitaux des zones les plus touchées par le coronavirus, en évacuant des patients.

Malgré le printemps et le week-end, les Français sont appelés à respecter scrupuleusement le confinement instauré contre le coronavirus alors que l'armée doit soulager ce samedi le Grand Est avec un nouveau transfert aérien de patients.

Un avion militaire médicalisé a décollé d'Istres, dans les Bouches-du-Rhône, ce samedi matin vers Mulhouse, où il embarquera des patients atteints du nouveau coronavirus à destination de l'Aquitaine. Il s'agit du second A330 Phénix de l'armée de l'air utilisé en quelques jours pour évacuer vers d'autres régions des malades d'Alsace, région particulièrement touchée par l'épidémie.

A Mulhouse, où l'hôpital est totalement saturé par un afflux croissant de malades, un hôpital militaire est d'ailleurs en cours de déploiement. La marine nationale va également évacuer ce week-end des patients de Corse vers le continent.

"Ne partez pas en week-end!"

Les autorités françaises insistent plus que jamais sur la nécessité de bien respecter le confinement imposé depuis mardi pour freiner une épidémie de coronavirus qui a déjà tué 450 personnes dans le pays, le jugeant insuffisamment respecté.

"Ne partez pas en week-end", a insisté ce vendredi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. "Vous risquez de transporter sans le savoir le virus des grandes villes vers les campagnes" ou d'arriver "dans une zone où il n'y a pas forcément d'infrastructures sanitaires" adaptées.

Les restrictions seront appliquées "de façon plus stricte encore", a prévenu le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, avec des contrôles dans les gares (seulement 15% des trains grandes lignes circulent) et les aéroports. Des amendes forfaitaires de 135 euros seront dressées en cas de "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile".

Des personnes déjà verbalisées pour sorties non justifiées ont été placées en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui". Les fermetures de lieux emblématiques se sont multipliées, des quais de Seine à Paris à la promenade des Anglais à Nice, où un couvre-feu sera imposé dans les tout prochains jours, selon l'entourage du maire.

Prolongation probable

La prolongation du confinement, décrété jusqu'à fin mars, "n'a pas été actée", selon Christophe Castaner. Mais tout laisse penser qu'elle le sera, comme en Italie, qui enregistre le plus de décès au monde (plus de 4.000, devant la Chine).

Le Covid-19 en France
Le Covid-19 en France © , AFP

"La crise va s’intensifier au cours de la semaine qui vient et le nombre de cas graves et de morts augmentera", a martelé Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique sur le Covid-19, ce samedi dans Le Monde.

"Notre message majeur est que le confinement, dans l’état actuel des ressources, est la seule façon de casser la courbe de l’épidémie et d’éviter que le système de soins explose en vol. Ce n’est pas la meilleure des solutions mais c’est la moins mauvaise", selon ce spécialiste.

Le confinement pourra cesser "quand le virus ne circulera plus", a jugé Olivier Véran, le ministre de la Santé, estimant le nombre de malades en France à 20.000. La majorité d'entre eux ne sont pas testés, donc pas détectés.

78 morts supplémentaires vendredi

L'épidémie a causé à ce jour la mort de 450 patients (78 supplémentaires vendredi) et entraîné l'hospitalisation de 5.226 malades, dont près de 1.300 en réanimation, selon le ministère de la Santé. Près de 1.600 patients ont quitté les hôpitaux, guéris.

"La moitié des patients en réanimation ont moins de 60 ans", a rappelé Jérôme Salomon, qui a prévenu, en écho à l'Organisation mondiale de la santé, que l'épidémie touche aussi des "adultes jeunes".

"Face à l'urgence et à l'ampleur de l'épidémie", notamment en Ile-de-France, les hôpitaux de Paris (AP-HP) lancent un appel pressant aux "professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir pour renforcer les équipes de ses 39 hôpitaux."

C. S. avec AFP