BFMTV
Société

Congé parental: Macron s'oppose à un projet de directive européenne

Pierre, premier père à prendre son congé paternité, pose, le 31 décembre 2001 à l'Institut mutualiste Montsouris à Paris

Pierre, premier père à prendre son congé paternité, pose, le 31 décembre 2001 à l'Institut mutualiste Montsouris à Paris - JOEL SAGET / AFP

Emmanuel Macron estime que la proposition de Bruxelles visant à instaurer un congé parental de quatre mois indemnisé à 50% du salaire journalier peut "coûter très cher" et "finir par être insoutenable".

Quatre mois de congés parentaux indemnisés à 50% du salaire journalier. Tel est le projet de directive européenne actuellement en discussion à Bruxelles qui ne semble pas avoir les faveurs du gouvernement français. Baptisé "Vie privée-vie professionnelle", ce texte, qui promeut une meilleure égalité entre les hommes et les femmes, prévoit par ailleurs un congé paternité rémunéré de 10 jours à la naissance de l'enfant, déjà mis en place en France, et cinq jours de congés payés par an pour s'occuper d'un proche "dépendant".

S'il en approuve les "principes", Emmanuel Macron s'est toutefois dit peu favorable à cette directive. "Il faut travailler sur la proposition. J'en approuve les principes, mais c'est une belle idée qui peut coûter très cher et finir par être insoutenable", a ainsi déclaré le président de la République devant le Parlement européen à Strasbourg le 17 avril dernier.

14 autres pays non favorables à ce projet

Face aux critiques, le gouvernement a assuré qu'il planchait sur une deuxième version du texte. "Nous sommes en pleine négociation et travaillons à des solutions qui soient pragmatiques et acceptables pour tout le monde", a indiqué au Parisien le ministère du Travail, sans toutefois préciser les modalités ni les montants de cette nouvelle formule du congé parental.

"Imposer une indemnisation est totalement nouveau dans une directive européenne, mais il est plus efficace de laisser fixer les modalités au niveau national. Cela permet de rallier un maximum de pays, et notamment l’Allemagne qui a des réticences. Les systèmes sont extrêmement hétéroclites, vous ne pouvez pas imposer la même chose à la France et à la Hongrie", a estimé cette même source.

Les discussions doivent se poursuivre jusqu'au 28 mai, avant le vote du texte prévu le 21 juin lors de la réunion du Conseil de l'Union européenne. Outre la France, 14 autres pays européens se sont déclarés non favorables à ce projet et pourraient donc bloquer le vote du texte.

Mélanie Rostagnat