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Climat: qu'est-ce qu'Extinction Rebellion, à l'origine d'une série d'actions dans le monde entier?

Le mouvement Extinction Rebellion, le 7 octobre 2019 à Paris.

Le mouvement Extinction Rebellion, le 7 octobre 2019 à Paris. - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Le mouvement veut, entre autres, faire "reconnaître la gravité et l'urgence des crises écologiques actuelles", une "démocratie plus vigoureuse et inclusive (...) au niveau local" et "une assemblée citoyenne souveraine" au niveau national.

Samedi, c'était "l'avant-première". Dimanche, la "cérémonie d'ouverture". A partir de ce lundi, le mouvement Extinction Rebellion promet dans les jours à venir des actions de désobéissance civile non violente, à l'image du blocage le week-end dernier du centre commercial Italie 2, à Paris, pendant plus de 17 heures. 

Ce mouvement est né au Royaume-Uni en fin d'année dernière. Le 31 octobre 2018, environ 1500 personnes se sont rassemblées devant le Parlement à Londres pour la "Déclaration d'une rébellion contre le gouvernement britannique". Extinction Rebellion (ou XR) a pris forme, expliquait Reporterre en mai, grâce à l'appui de l'organisation Rising Up, un réseau de militants "pour un changement fondamental du système politique et économique afin de maximiser le bien-être et minimiser la souffrance".

De nombreuses actions ces derniers mois au Royaume-Uni

Enterrement d'un faux cercueil, transformation d'un pont en jardin urbain, mains engluées aux grilles de Buckingham Palace, déversement de faux sang, blocage d'axes majeurs… Plusieurs actions avec un fort potentiel visuel se sont déroulées les mois suivants, toujours dans cette volonté de ne pas faire usage de la violence et de mettre industriels, actionnaires et politiques face à l'urgence des conséquences du réchauffement climatique. En réponse à cette mobilisation, le Parlement britannique a voté l'urgence climatique en mai

Extinction Rebellion se veut sans leader, "en démantelant les hiérarchies de pouvoir pour une participation plus équitable". Dans ses préceptes, il dit aussi "accueillir chaque personne, et chacune de ses facettes" et "ne pas tenir de discours moralisateurs et culpabilisants". "Nous vivons dans un système toxique, mais nul ne doit être accusé en tant qu’individu", arguent-ils

En France, des adeptes d'Extinction Rebellion se sont déployés le 19 avril dernier dans le quartier de La Défense, aux pieds des tours Total, EDF, Société Générale et d'une antenne du ministère de la Transition écologique. Avec un mot d'ordre: pas de visage couvert, pas d'agression verbale, physique ou psychologique et pas de dégradation de biens. Mi-mai, ils ont déversé des litres de faux sang place du Trocadéro pour alerter sur le déclin accéléré de la biodiversité. Fin août, c'est cette fois-ci sur le périphérique parisien qu'ils ont constitué un cordon de cyclistes afin de ralentir le trafic. 

"Nous exigeons: la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet; la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre; (...) la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable", est-il indiqué en ouverture de leur site français. 

Des militants brusquement délogés par la police fin juin

Mais c'est surtout le 28 juin dernier que les militants d'Extinction Rebellion ont fait parler de leur action, malgré eux. Ils occupaient, assis, se tenant par les bras, le pont Sully à Paris quand ils ont été brusquement délogés par la police. La manifestation n'avait pas été déclarée mais la préfecture prévenue la veille, avait précisé une militante au Monde. Des militants ont été traînés par des policiers, d'autres assis ont reçu du gaz lacrymogène à bout portant. Une enquête a été ouverte par l'IGPN. 

"Aux gouvernements du monde: nous avons déclaré une urgence climatique et écologique. Vous n'en avez pas fait assez. A tous les autres: rebellez-vous." C'est en ces termes qu'Extinction Rebellion appelle à partir de ce lundi à participer à une rébellion internationale: "Quittez votre bureau. Invitez votre responsable. Quittez les salles de classe. Eteignez la télé. Posez votre téléphone. Descendez dans la rue. Et amenez tout le monde."

Une semaine d'actions et de mobilisation

Après le blocage du centre commercial Italie 2 samedi, plus d'un millier de personnes se sont réunies dimanche soir au parc de la Villette. Le programme des jours à venir est délibérément flou. "7 octobre: occupation pour la suite du monde: lieu de résistance et de résilience, on y cuisine, on y apprend, on y construit et on y dort", peut-on lire sur leur site.

Jeudi, l'organisation promet un "blocage non-violent" à Paris sur le thème "Demain tous migrants". Puis, vendredi, elle compte "freiner symboliquement la course à la croissance en remplaçant le trafic motorisé par une vague immense et joyeuse de vélos". 

Le tout, rappelle encore la branche française ce lundi sur Twitter, dans le respect "envers toute personne, y compris les membres du gouvernement et les forces de l'ordre", la "non-violence stricte, physique ou verbale, qui exclut toute destruction de biens", et dans la transparence. "Et, nous sommes désolé.e.s pour le dérangement!", ajoutent-ils. 

Liv Audigane