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Campagne de prévention contre le sida: conseil municipal houleux à Aulnay-sous-Bois

Au coeur de la polémique, le message inscrit sur ces affiches de prévention contre le sida.

Au coeur de la polémique, le message inscrit sur ces affiches de prévention contre le sida. - BFM Paris

Mercredi soir lors du conseil municipal d'Aulnay-sous-Bois, l'opposition a tenu à marquer son désaccord avec le maire Les Républicains Bruno Beschizza. Ce dernier avait décidé de prendre un arrêté d'interdiction contre une campagne de prévention du sida.

Brandissant les affiches au coeur de la polémique, les élus d'opposition d'Aulnay-sous-Bois se sont fait entendre mercredi soir. Ils ont profité du Conseil municipal pour exprimer leur réprobation à l'égard du maire de la ville Bruno Beschizza. Cette semaine, l'élu Les Républicains avait décidé de prendre un arrêté d'interdiction visant la campagne gouvernementale de prévention contre le sida, invoquant la protection de l'enfance. Symboliquement, les élus de gauche ont quitté le conseil municipal pour marquer leur opposition.

Pour le député et conseiller municipal PS Daniel Goldberg, le maire a pris cet arrêté "sans discussion avec les élus du conseil municipal sur un sujet très sensible, sans discussion avec les représentants des parents d'élèves de la commune, puisque c'est l'alibi qui était pris", déplore-t-il sur BFM Paris. 

"Il détruit tous les efforts des acteurs associatifs"

Etaient également présents mercredi soir des sympathisants LGBT pour qui l'arrêté du maire dessert la cause alors que le sida reste encore aujourd'hui une épidémie. 

"Il détruit tous les efforts des acteurs associatifs en matière de santé, explique l'un d'eux. On se bat au quotidien pour le dépistage. Il y a 30 000 personnes en Ile-de-France qui sont contaminées par le VIH et qui ne sont pas au courant et on a des élus qui jouent avec ces campagnes de prévention qui détruisent tous nos efforts."

Mais le maire Bruno Beschizza reste persuadé d'avoir pris la bonne décision. Il explique avoir pris l'arrêté d'interdiction après des plaintes d'administrés et invoque les risques de troubles à la tranquillité publique liés à cette campagne. "Je ne parle pas de la sexualité des uns et des autres, de l'intimité des uns et des autres, je ne m'immisce nullement dans la politique gouvernementale. Par contre je fais en sorte que dans ma ville, il y ait une certaine tranquillité publique", martèle l'élu. 

En tout, une dizaine de villes ont réclamé le retrait de la campagne d'affichage qui a pris fin mardi soir. La ministre de la santé Marisol Tourraine a sais la justice administrative, dénonçant une "censure".

C. B avec Thomas Pernette