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Le maire d'Aulnay-sous-Bois veut interdire les affiches de prévention contre le Sida

Info BFM Paris. Bruno Beschizza, maire LR d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, souhaite faire interdire les affiches de la campagne de prévention publique contre le Sida, destinées aux personnes homosexuelles.

Le gouvernement a mis en place une campagne d'affichage de santé publique contre les maladies sexuellement transmissibles, où l'on peut voir notamment deux hommes s'enlacer. Sur l'affiche, le message incite à se protéger indiquant par exemple: "Coup de foudre, coup d'essai, coup d'un soir. Les situations varient. Les modes de protection aussi". Une campagne de prévention qui passe mal chez les militants de la Manif pour Tous mais aussi dans la ville d'Aulnay-sous-Bois.

En effet, Bruno Beschizza, le maire Les Républicains de la ville de Seine-Saint-Denis a décidé de prendre un arrêté municipal contre cet affichage. Pour le maire de la ville, ces affiches n'envoient pas le bon message.

"Quand on met des messages subliminaux d'une aventure d'une nuit, d'accouplement sans parler d'amour de manière aussi lapidaire, sur un abribus sans contextualiser, j'imagine un enfant de cinq ans qui sans libre-arbitre peut avoir une certaine confusion dans l'esprit", estime sur BFM Paris le maire d'Aulnay-sous-Bois. 

Avec son arrêté municipal, Bruno Beschizza souhaite interdire l'affichage de ces visuels dans sa ville. Il envisage sinon de les montrer barrés d'un texte sur fond jaune. Sur ce texte, on peut lire: "Protégeons nos enfants. Affiches interdites sur le territoire de la commune d'Aulnay-sous-Bois, en vertu de l'arrêté du Maire n°2016-403 pour la protection de l'enfance". Une manière de montrer l'affiche, sans la montrer, et de bénéficier ainsi d'un coup de com'.

Une décision qui, pour les associations de lutte contre l'homophobie, envoie un mauvais signal, particulièrement en direction des jeunes homosexuels.

"Retirer ces affiches n'a aucun sens et ça fait que nos jeunes peuvent être très mal à l'aise et se sentir encore une fois rejetés en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre", regrette Clio Léonard, de l'association Le Refuge.

Le maire d'Angers aussi

Le maire d'Angers a lui aussi demandé au réseau d'affichage JC Decaux de retirer les affiches de sa ville après notamment avoir été sollicité par des habitants sur la proximité des affichages avec une école. Dans un courrier demandant le retrait des affiches, l'élu Christophe Béchu écrit:

"Cette campagne, par les slogans choisis et par les messages suggérés a suscité un grand émoi auprès de nombreux Angevins. (...) Volontairement choquante, cette campagne d'affichage est diffusée à proximité des écoles, au niveau des abribus en délivrant ainsi un message que les jeunes enfants sont incapables de comprendre"

Avant cette nouvelle polémique, les ministres de la Santé, Marisol Touraine, et des Familles, Laurence Rossignol, avaient déjà dû apporter leur soutien à cette campagne, face aux protestations venues notamment des réseaux sociaux. 

Affiches Aulnay
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