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Société

Calais: des associations dénoncent les "violences policières" envers leurs bénévoles

De nombreux bénévoles viennent en aide aux migrants à Calais, dont certains se plaignent d'être la cible de violences physiques ou verbales de la part de policiers

De nombreux bénévoles viennent en aide aux migrants à Calais, dont certains se plaignent d'être la cible de violences physiques ou verbales de la part de policiers - DENIS CHARLET / AFP

Les associations se plaignent de voir certains bénévoles harcelés et parfois violentés ou insultés par les gendarmes. Elles ont transmis un rapport au défenseur des droits.

Des associations d'aide aux migrants à Calais dénoncent des "violences policières excessives" et "l'intimidation" des CRS envers les bénévoles, dans un rapport transmis ce mardi au défenseur des droits.

"Au cours des huit derniers mois, les volontaires associatifs ont ainsi été victimes de 666 incidents de surveillance policière, contrôles d'identité répétés, arrestations et fouilles, ainsi que de violences physiques et verbales", affirment dans un communiqué Help Refugees, l'Auberge des migrants, Utopia 56 et Refugee Infobus.

Fondé sur les témoignages de 33 bénévoles, leur rapport fustige "la systématicité et la persistance du harcèlement des volontaires" qui "interrogent fortement sur le dévoiement de l'utilisation par les forces de l'ordre des moyens de coercition".

Faire "avancer diplomatiquement les choses"

Les associations dénoncent régulièrement des "violences policières" envers les migrants, officiellement entre 350 et 400 à Calais dans l'espoir de passer clandestinement en Grande-Bretagne. C'est la première fois qu'elles publient un document centré sur le harcèlement qu'elles disent subir.

Face à "l'indifférence du parquet de Boulogne-sur-Mer", les associations annoncent avoir saisi le défenseur des droits pour qu'il "fasse avancer diplomatiquement les choses", explique Eléonore Vigny, chargée du plaidoyer pour l'Auberge des migrants.

"C'est une autorité indépendante qui va pouvoir demander des comptes à l'administration et enquêter", assure-t-elle, espérant, notamment, que les services du défenseur des droits organisent une visite sur place. Sollicitée par l'Agence France Presse (AFP) mardi après-midi, la préfecture du Pas-de-Calais n'a pas donné suite.

L.D., avec AFP