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Calais: artistes et intellectuels contre le démantèlement de la "jungle"

La "jungle" de Calais photographiée le 22 février 2016.

La "jungle" de Calais photographiée le 22 février 2016. - Denis Charlet - AFP

Alors que le camp de réfugiés de Calais doit être évacué dans les prochaines heures, plus de 250 personnalités ciblent les pouvoirs publics qu'ils accusent d'"inhumanité", et appellent à travailler avec les associations "sur le terrain".

Face à l'imminente évacuation de la jungle de Calais, prévue d'ici mardi, la société civile a décidé d'interpeller les pouvoirs publics, dont le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Plus de 250 personnalités - politiques, artistes ou encore associations - signent lundi une tribune dans Le Monde contre le démantèlement du camp de réfugiés qui attendent de rejoindre l'Angleterre.

"Le ministre veut convaincre que c'est pour le bien des occupants. En réalité, c'est une politique de dissuasion: rendre la vie invivable aux réfugiés", écrivent ces personnalités, qui demandent à ce que la France ne soit pas réduite "à des barbelés et des bulldozers". Et d'asséner: " cette 'solution' n'en est pas une".

Les signataires, parmi lesquels la députée écologiste Laurence Abeille, le cinéaste Laurent Cantet ou encore l'humoriste Guy Bedos, reconnaissent qu'il ne s'agit pas de "s'accommoder d'une jungle dont le nom dit tout. Personne ne saurait accepter le maintien en l'état du bidonville de Calais (…) Pour autant, il n'est pas question de cautionner l'évacuation annoncée, non seulement parce qu'elle est inhumaine, mais aussi parce qu'elle ne résoudra rien".

"Il existe des solutions"

Dans le viseur des auteurs, une fois encore, les responsables politiques et administratifs. Ces derniers sont accusés de ne pas avoir actionné assez tôt les leviers possibles pour venir en aide aux réfugiés. "Pour plusieurs catégories de migrants, il existe des solutions inscrites dans les textes, avec des dispositifs, des acteurs, des fonds alloués à cet effet. Elles auraient pu être mises en œuvre depuis longtemps déjà".

Devant ce que les auteurs qualifient d"'inaction de l'Etat", ils promettent donc de mettre la main à la patte et d'y "travailler (eux)-mêmes", avec les associations sur le terrain, avec les habitants du Calaisis et avec les réfugiés".

Une tribune qui n'est pas sans rappeler l'engagement de personnalités britanniques aux côtés des réfugiés. Ce week-end, c'est l'acteur anglais Jude Law qui est venu les soutenir. On l'a vu lire devant les caméras des textes rédigés par les migrants, et traduits en direct en plusieurs langues. L'acteur avait notamment attiré l'attention sur les mineurs isolés présents dans le camp.

A. K.