BFMTV

Cabestany: le ton monte entre les gilets jaunes, le congrès tourne court

Le ton est très vite monté entre certains gilets jaunes, qui ne sont finalement pas arrivés à un consensus en vue du grand débat national.

Ils étaient plusieurs centaines de gilets jaunes réunis ce dimanche au centre culturel de Cabestany dans les Pyrénées-Orientales, dans le cadre d'un "congrès fondateur" censé structurer le mouvement en vue du grand débat national qui doit débuter ce mardi. 

"Pour eux c’est tout neuf, aujourd’hui ils commencent à se structurer comme il le faut, et je pense qu’à l’issue de la réunion il y aura des groupes de travail pour travailler plus ouvertement et consciencieusement avec tout le monde" estimait le maire PCF de la commune quelques minutes avant le rendez-vous.

Cependant, la réalité du terrain a très rapidement déjoué les pronostics de l'élu, et la réunion a très vite tourné au règlement de comptes. Certains gilets jaunes ont en effet assez brutalement invectivé les leaders locaux du mouvement, leur refusant toute légitimité. 

"Imposteur!"

Interrogé au micro de BFMTV, Jean-Bernard Porte est l'un des organisateurs de cette réunion. Et alors qu'il tentait de répondre à notre journaliste, plusieurs autres gilets jaunes l'ont coupé assez sèchement. 

"Imposteur! C'est tout ce que vous êtes. Vous vous cachez! Pourquoi vous ne faites pas une conférence devant tous les gilets jaunes? Vous êtes seul alors qu’on est des milliards. Comment ça se fait qu’une personne seule représente des milliards? On ne vous laissera pas l’interviewer" a-t-on ainsi pu entendre. 

Assez logiquement, ce climat délétère s'est ressenti dans la salle, lors des débats. Plusieurs personnes, qui voulaient prendre la parole devant l'assemblée, ont été coupées. Et devant la cacophonie ambiante, plusieurs dizaines d'entre eux ont quitté les lieux, faisant apparaître des dissensions au sein du mouvement. 

"Nous voulions lancer une structure pour participer au grand débat, dans une démarche citoyenne, démocratique et participative, c'est un échec complet. Pour moi c'est fini, je quitte le mouvement et je rentre à la maison" expliquait l'un d'entre eux à un journaliste de l'AFP présent sur place, dont les propos ont été repris par France 3 Occitanie.

Des journalistes menacés

Comme le souligne encore le média national, la présence de médias dans la salle, pourtant acceptés par l'assemblée, aurait également pu attiser certaines tensions. Il a été fait état de menaces envers certains d'entre eux. 

Au final, le congrès s'est soldé par un échec et aucune avancée notable n'est à souligner. En revanche, plusieurs organisateurs ont accepté de retourner sur certains rond-points de la région afin de "refaire le point des attentes et revendications."

Hugo Septier