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Attentat de Strasbourg: l'épineuse question de l'inhumation de Chérif Chekatt

Des policiers dans les rues de Strasbourg, capitale Européenne touchée par un attentat mardi 11 décembre.

Des policiers dans les rues de Strasbourg, capitale Européenne touchée par un attentat mardi 11 décembre. - AFP

Alors que le Conseil français du culte musulman pressait la mairie de Strasbourg d'inhumer Chérif Chekatt, le père de l'auteur de l'attentat du marché de Noël, qui a fait 5 morts, a annoncé vouloir enterrer son fils en Algérie.

Le père de Chérif Chekatt, auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, s'est présenté ce mercredi à la mairie pour indiquer qu'il allait demander le rapatriement du corps de son fils en Algérie, pays dont la famille est originaire. "Il fallait qu'il obtienne des actes de décès. Il nous a indiqué qu'il allait demander au consulat d'Algérie un rapatriement du corps de son fils", a indiqué la mairie.

Dans une déclaration au quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace parue mercredi, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), s'était dit mardi "plutôt hostile, sinon réticent" à une inhumation de Chérif Chekatt dans sa ville. 

"À condition que l'Algérie l'accepte, le corps sera transféré et ce serait pour moi la solution la plus simple. Si pour une raison ou pour une autre, cela ne marchait pas, si l'Algérie ne l'acceptait pas par exemple, la possibilité d'avoir une sépulture anonyme, sans médiatisation, pourrait être une solution", a ajouté Roland Ries.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait appelé plus tôt dans la journée la ville de Strasbourg à inhumer "le plus rapidement possible" et "dans l'anonymat" Chérif Chekatt, pour "éviter d'en faire une victime". "J'appelle les autorités à respecter la loi du pays, à ne pas faire de cet assassin une victime et qu'on l'enterre le plus rapidement possible pour que l'on ne parle plus de lui", avait déclaré Abdallah Zekri, délégué général du CFCM.

Les maires peuvent refuser d'enterrer les terroristes

L'embarrassante question des dépouilles de terroristes réapparaît en France après chaque attentat. En 2016, le conseil d'État a rendu une décision autorisant un maire à refuser l'autorisation d'inhumation dans un cimetière communal, pour prévenir notamment des troubles à l'ordre public, et ce "quelles que puissent être les circonstances". La plus haute juridiction administrative avait été saisie par la commune de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, qui refusait d'inhumer le jihadiste Larossi Abballa, auteur du double assassinat d'un policier et de sa compagne, à leur domicile de Magnanville.

Le cas de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, avait également fait polémique. Ni la ville de Toulouse où il vivait, ni l'Algérie dont il était originaire, ne voulaient se charger du cadavre. La dépouille de Mohamed Merah avait finalement été ensevelie sans sépulture ni nom, dans un cimetière de la banlieue toulousaine, en dehors des horaires d'ouverture.

V.A avec AFP