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Après avoir associé personnes LGBT et pédophiles, Pascal Bruckner plaide la "mauvaise plaisanterie"

Le romancier et essayiste Pascal Bruckner sur le plateau de l'émission C politique le 22 octobre 2017

Le romancier et essayiste Pascal Bruckner sur le plateau de l'émission C politique le 22 octobre 2017 - Capture Youtube

L'essayiste Pascal Bruckner, au cœur d'une controverse pour avoir associé personnes LGBT et pédophiles, a retiré ses propos, "si cela peut faire plaisir aux chasseurs de sorcières".

L'essayiste Pascal Bruckner invoque la "mauvaise plaisanterie" après avoir fait l'analogie entre personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) et pédophilie. Dans l'émission C Politique diffusée dimanche sur France 5, l'écrivain qui a reçu les prix Médicis et Renaudot a déclaré au sujet de l'écriture inclusive, à laquelle il se dit fermement opposé: 

"Je vous ai apporté un exemple de quelque chose qui se passe au Canada, dans un collège (...) où l'écriture inclusive concerne les catégories suivantes: LGGBDTTTIQQAAPP. C'est à dire lesbiennes, gay, genders, queers, bisexuels, demis-sexuels, transgenres. Et ils ont oublié les onanistes, les fétichistes et les pédophiles. On ne voit pas pourquoi ils seraient exclus."

Pascal Bruckner chuchote "je plaisante"

Présente sur le plateau, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Sschiappa, a réagi: "La dernière fois qu’un élu Front national m'a dit ça, il a été condamné en justice." Louis Nogues, conseiller municipal du Mans, a en effet été exclu du FN et condamné en 2015 à 2.000 euros d'amende pour avoir fait un amalgame entre homosexualité et zoophilie. "Ça n'a rien à voir", a également recadré le présentateur de l'émission, Karim Rissouli. Pascal Bruckner a alors ajouté un timide "je plaisante". 

Face à la polémique, Pascal Bruckner a plaidé la "mauvaise plaisanterie" et a assuré qu'il n'y avait "évidement aucun lien" entre les personnes LGBT et la pédophilie.

"Je retire ces propos, si cela peut faire plaisir aux chasseurs de sorcières", a-t-il confié lundi à Franceinfo.

Un "dérapage scandaleux"

Les mots de l'essayiste sur le plateau de C Politique ont vivement fait réagir sur les réseaux sociaux. Le président de l'association Le Refuge, qui vient en aide aux victimes d'homophobie et de transphobie, s'est dit "scandalisé". Une "honte", un "dérapage scandaleux", ont estimé de nombreux internautes qui ont exprimé leur dégoût et ont jugé ces propos homophobes. 

Céline Hussonnois-Alaya