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Tchétchénie: les persécutions contre les homosexuels ont repris

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- - Deux homosexuels Tchétchènes qui ont fui la petite république musulmane du Caucase russe pour ne pas être tués dissimulent leur visage afin de ne pas être reconnus, le 17 avril 2017 dans leur appartement, à Moscou - Naira DAVLASHYAN, AFP

Selon l'ONG Russian LGBT Network qui défend les droits des membres de la communauté LGBT, les persécutions contre les homosexuels, auraient repris en Tchétchénie à l'issue de la fin du ramadan.

Les persécutions contre les homosexuels, qui avaient cessé durant le ramadan, ont repris de plus belle en Tchétchénie depuis la fin de cette période de jeûne musulman, a affirmé vendredi l'ONG Russian LGBT network (réseau LGBT russe).

"Depuis la fin du ramadan, les détentions ont repris. Pendant le ramadan, il n'y en avait plus (...) Des dizaines de personnes nous contactent sur notre hotline. Ils nous disent qu'on essaie d'accuser les gays sous de fausses preuves, qui vont du cambriolage au terrorisme. Cela se passe maintenant. C'est tout récent", a déclaré Igor Kochetkov, le directeur du réseau LGBT russe, dans un entretien avec l'AFP réalisé à Paris

"300 à 400" personnes détenues et torturées

"La même chose se passe qu'en mars", quand le réseau LGBT russe avait reçu de nombreux appels dénonçant des persécutions subies par les gays tchétchènes dans leur pays, a observé Igor Kochetkov.

Selon le journal russe Novaïa Gazeta, plus de cent homosexuels ont été arrêtés ces derniers mois dans cette république russe du Caucase, où les autorités ont incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Toujours selon le journal, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée des suites d'actes de torture.

Pour le président du réseau LGBT russe, ce sont même "six gays" qui ont été "tués", alors qu'il chiffre à "300 à 400" le nombre d'homosexuels tchétchènes à avoir été détenus et torturés dans des lieux non officiels, comme des écoles abandonnées ou des garages.

Chantage

Entre "60 et 70" d'entre eux ont été "exfiltrés" pour leur sécurité dans d'autres provinces russes, dont 14 ont depuis lors été admis dans des pays étrangers avec "visa humanitaire et asile garanti", a-t-il affirmé. L'un d'entre eux est arrivé fin mai en France.

"La police tchétchène n'était pas contre les gays. Elles les faisait chanter. C'était un business stable", a-t-il déclaré. Mais en février, "il y a eu un ordre du gouvernement tchétchène de mener des purges systématiques", a accusé Igor Kochetkov.

Mi-avril, le président de cette république russe du Caucase, Ramzan Kadyrov, a démenti toute arrestation d'homosexuels. Son porte-parole avait de son côté estimé qu'il ne pouvait y avoir d'exactions contre les gays puisque ceux-ci "n'existent pas" en Tchétchénie.

G.D. avec AFP