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Anelka: "Dieudonné, c'est un ami, c'est devenu un frère"

Nicolas Anelka célèbre un but par une "quenelle", le 28 décembre dernier sur le terrain de West Ham, en Angleterre.

Nicolas Anelka célèbre un but par une "quenelle", le 28 décembre dernier sur le terrain de West Ham, en Angleterre. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Sanctionné fin décembre pour avoir fait le geste de la "quenelle" après un but, en pleine "affaire Dieudonné", le footballeur se trouve aujourd'hui sans club. Il s'explique ce vendredi dans un entretien à "Metronews".

Sans club, mais pas sans ami. L'ancien Bleu Nicolas Anelka, qui ne joue plus après avoir été sanctionné pour avoir mimé une "quenelle" en plein match fin décembre, clame ce vendredi dans un entretien à Metronews son "amitié" pour Dieudonné, et défend son geste controversé.

"Dieudonné, c'est un ami, c'est devenu un frère aujourd'hui", affirme Anelka. S'il a mimé le geste de la "quenelle", le 28 décembre dernier après un but en championnat d'Angleterre, c'était selon lui simplement pour lui faire "une dédicace" au moment où l'humoriste se trouvait dans la tourmente.

Une "dédicace" lourde de conséquences

Retour fin décembre: Nicolas Anelka, qui évolue dans le club anglais de West Bromwich Albion, marque contre West Ham. De l'autre côté de la Manche, son "frère" Dieudonné est au coeur d'une polémique. Sa "quenelle" - un bras tendu vers le bas coupé par l'autre main - est considérée par plusieurs associations comme un "salut nazi inversé", "antisémite et raciste".

Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, condamne les propos de l'humoriste. Après un bras de fer entre Dieudonné et la justice administrative, le ministre envoie une circulaire aux préfets pour interdire son nouveau spectacle.

Anelka, lui, est suspendu cinq matchs par la Fédération anglaise. Puis West Bromwich Albion décide d'ouvrir une enquête interne. Le footballeur décide lui-même de résilier son contrat sans attendre: il est officiellement sans club depuis le 29 mars.

"Mal interprété"

Mais ces conséquences, Nicolas Anelka les assume: "quand je me bats pour quelqu'un, je le fais à fond". Une allusion à d'autres sportifs, le basketteur Tony Parker et le footballeur Mamadou Sakho, pris en flagrant délit de "quenelle" et qui, eux, se sont excusés.

Et puis, il jure que le geste qu'il a effectué sur le terrain a été "mal interprété" et se défend d'être "antisémite et raciste". "Pourquoi devrais-je penser à la communauté juive quand je marque un but?", s'insurge-t-il. Pour lui, seul "l'inventeur de ce geste" - en l'occurrence Dieudonné - peut "décider que la quenelle est antisémite et raciste". Or, "lui dit clairement que non."

Petits tacles à Valls et Fourneyron

On l'a compris, l'ancien Bleu défend ses amis au point de se faire des ennemis. Interrogé sur la nomination au poste de Premier ministre de Manuel Valls, il se permet un petit tacle. "J'espère qu'il mettra autant d'énergie à redresser le pays qu'il en a mis à combattre Dieudonné...", raille-t-il.

Et de railler encore: "il n'est pas très méchant. Dans cette affaire de quenelle, je pense qu'il a été sous l'influence de sa femme."

Attaque plus frontale encore, celle adressée à Valérie Fourneyron, l'ancienne ministre des Sports, qui avait déclaré que le geste d'Anelka "était une provocation écoeurante". "Si moi, je l'ai insupportée avec ma quenelle, de voir une ministre des Sports (...) confondre Cristiano Ronaldo avec Ronaldo 'El Fenomeno' devant l'intéressé, ça c'est vraiment insupportable", rétorque l'intéressé. "Au moins, le président de la République l'a bien compris [en ne la reconduisant pas dans son ministère, ndr]!"

Mathilde Tournier