BFMTV

Abattoirs: de nouvelles images insoutenables tournées dans deux établissements du sud de la France

L’association L214 publie ce mercredi de nouvelles images insoutenables captées dans deux abattoirs du sud de la France: celui de Pézenas, dans l’Hérault, et celui du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes. L’association devrait porter plainte dans la journée auprès des tribunaux de Grande instance de Béziers et Nice.

De nouvelles images ont été tournées clandestinement dans deux abattoirs du sud de la France, à Pézenas, dans l’Hérault, et à Puget-Théniers, dans les Alpes-maritimes, rapporte le journal Le Monde ce mercredi, qui s’est procuré les vidéos. Ces images, très violentes, sont récentes. Elles ont été tournées sur douze jours, en caméra cachée, entre les mois de novembre 2015 et de mai 2016 pour l’établissement de Pézenas, et en mai 2016 pour celui du Mercantour. On y voit des veaux, des moutons, des porcs et des chevaux subissant de graves sévices.

A l’abattoir de Pézenas, "les chevaux sont étourdis, une tige perfore leur crâne et endommage leur cerveau. Les ratés sont fréquents", explique sur son site, captures d’écran à l’appui, l’association L214, qui se bat depuis 2008 pour la fermeture des abattoirs et dénonce une nouvelle fois les cas de maltraitance animale. Sur les vidéos mises en ligne, on peut voir un cheval se débattant dans sa cage avant d’être étourdi par cette tige, et reprenant conscience avant d’être saigné.

Etourdissements et électrocutions ratés

"Les cochons sont étourdis par choc électrique: la pince utilisée n’est pas adaptée, les chocs électriques inefficaces se succèdent", note encore l’association. Sur les vidéos, on distingue en effet un employé tentant d’électrocuter un cochon pendant un long moment, et s’y prenant à plusieurs reprises, alors que l’animal est secoué par les chocs électriques mais semble encore conscient.

Dans l’établissement du Mercantour, "retour au Moyen-âge: une corde est utilisée pour l’immobilisation des veaux pour l’abattage rituel halal", écrit L214, qui ajoute que pour ces animaux également, "les ratés d’étourdissements sont fréquents". Les images montrent aussi un veau, suspendu par une patte, qui se débat pendant deux minutes, à moitié décapité.

"Les scandales se suivent et se ressemblent"

Ces échecs d’étourdissement des animaux ne sont pas sans rappeler les images tournées ces huit derniers mois dans trois autres établissements: ceux du Vigan et d’Alès, dans le Gard, et de Mauléon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlantiques. Tout comme celui du Vigan, les abattoirs de Pézenas et du Mercantour sont par ailleurs certifiés bio. Comme le rappelle Le Monde, le code rural et un règlement européen datant de 2009 précisent que dans les abattoirs, "toute douleur, détresse ou souffrance évitable est épargnée aux animaux lors de la mise à mort".

"Ces images ne sont pas exceptionnelles. La souffrance des animaux est toujours présente au moment des mises à mort. L'exception, c'est d'avoir accès aux images", déplorait Brigitte Gothière en mars dernier, interrogée par BFMTV lors de la diffusion des images tournées dans les Pyréenées-Atlantiques.

"Les scandales se suivent et se ressemblent. Il est illusoire de penser que l’on peut tuer trois millions d’animaux par jour en respectant la réglementation", dénonce ce mercredi Sébastien Arsac, porte-parole de L214, interrogé par Le Monde.

L'association L214 a publié mercredi 29 juin de nouvelles vidéos filmées dans deux abattoirs du sud de la France et montrant plusieurs animaux subissant des sévices.
L'association L214 a publié mercredi 29 juin de nouvelles vidéos filmées dans deux abattoirs du sud de la France et montrant plusieurs animaux subissant des sévices. © Capture d'écran - Association L214

Plainte pour maltraitance et actes de cruauté

L’association a décidé de porter plainte pour maltraitance et actes de cruauté contre les deux établissements, et dénonce une absence de contrôle dans ces deux abattoirs. Elle s’étonne aussi que celui de Pézenas n’ait pas été inquiété lors de la visite dont il a fait l’objet, rapportée par le quotidien Midi Libre. "Le 17 mai dernier, le député de l’Hérault, Elie Aboud (LR), s’était rendu à l’abattoir de Pézenas dans le cadre de la Commission d’enquête parlementaire, lancée en avril dernier. Il n’avait alors relevé “aucun dysfonctionnement” dans l’abattoir", note l’association. "Le député n’avait pas souhaité voir l’abattage sans étourdissement des moutons. Avait-il vu l’utilisation du treuil pour les chevaux? Les dispositifs d’étourdissement pour les cochons? Les pratiques d’abattage rituel des bovins?", s’interrogent les militants, alors que l’article du Midi Libre disait le député "rassuré par la présence permanente d'un contrôle vétérinaire".

"La mort n'est donnée que si l'animal est inconscient et l'un des critères pour s'en assurer c'est les yeux qui se révulsent au moment où la pince est actionnée", expliquait quant à lui le directeur de l’établissement, Christophe Malleret.

Dans le cadre des inspections prescrites par le ministère de l’Agriculture au lendemain du scandale de Mauléon-Licharre, l’abattoir de Pézenas a aussi fait l’objet de deux contrôles. Des problèmes avaient été notés sur l’étourdissement, mais auraient été réparés depuis, d’après Le Monde. Dans celui du Mercantour, aucun manquement n’avait été relevé. Le ministère de l’Agriculture devrait publier les résultats de ses inspections le vendredi 1er juillet.

Charlie Vandekerkhove