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5 mois pour inciter les Français à mieux manger

Dans un supermarché français. (photo d'illustration)

Dans un supermarché français. (photo d'illustration) - Denis Charlet - AFP

Les Etats généraux de l'alimentation sont lancés ce jeudi au ministère de l'Economie, en présence du Premier ministre et de quatre membres du gouvernement. Pendant plusieurs mois, tous les acteurs du secteur tenteront de trouver les moyens d'améliorer la rémunération des agriculteurs et l'alimentation des consommateurs.

Il s'agissait d'une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron. Les Etats généraux de l'alimentation s'ouvrent ce jeudi à Paris au ministère de l'Economie, sous l'impulsion du gouvernement. Ils vont réunir à partir de ce 20 juillet et jusqu'à la fin de l'année plusieurs centaines d'intervenants pour tenter de réconcilier, d'ici cinq mois, agriculture, économie, santé et environnement.

Tous les acteurs du secteur consultés

Objectif: que tous les acteurs du secteur, aussi bien les agriculteurs, les distributeurs, les industriels, les consommateurs, que les défenseurs de l'environnement ou les acteurs de la santé, soient consultés. L'une des promesses de l'événement est en effet que tout le monde puisse participer, notamment par le biais des contributions publiques sur le site internet dédié, mais aussi via des réunions publiques qui se tiendront en régions, ou encore lors d'ateliers thématiques.

Le Premier ministre Edouard Philippe lancera les débats, suivi des ministres de la Santé, de l'Agriculture, l'Economie et de la Transition écologique, le tout devant 500 personnes. Le président de la République conclura quant à lui cette première journée.

Double impératif

C'est Emmanuel Macron qui avait proposé ces travaux durant la campagne présidentielle, souhaitant répondre à un double impératif: que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail par le paiement de "prix justes", et que le modèle de production agricole s'adapte aux attentes des consommateurs, c'est à dire une alimentation saine et durable.

Un double impératif qui a posé beaucoup de questions tant du côté du monde économique que du monde associatif, les agriculteurs étant focalisés sur la question des prix de leurs produits, vitale pour eux, les associations environnementales ou de consommateurs ayant exprimé la peur de voir leurs préoccupations mises de côté.

De plus, avant ce "Grenelle de l'alimentation", de nombreuses tentatives, y compris législatives, ont déjà eu lieu pour régler la question du "partage de la valeur" entre producteurs, coopératives, industriels de l'agroalimentaire et représentants de la distribution. Sans résultat. 

Faire tomber les postures

"Etes-vous prêts à des prix en hausse et moins de marges? C'est deux choses contradictoires", s'est exclamé mercredi Michel-Edouard Leclerc, président du groupement de supermarchés E. Leclerc et premier partisan des prix bas. Pour lui, ces états généraux sont l'opportunité de "faire opération de transparence".

"Le contexte est favorable pour faire tomber les postures", et il "devrait nous permettre de concilier les points de vue", a jugé de son côté le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. "J'espère que d'ici septembre, concernant la répartition de la valeur (entre producteurs et intermédiaires, NDLR), le ministre (de l'Agriculture) aura pu, provisoirement, apaiser les choses, pour qu'après, on puisse avoir une conversation prolongée", a-t-il ajouté. 

Vers une loi sur l'alimentation?

Même son de cloche au ministère de l'Agriculture où "on a clairement l'impression que les acteurs ont conscience d'être arrivés au bout d'un modèle, d'une manière de faire et qu'il faut faire évoluer les pratiques". De là à mettre en place une loi? Si le gouvernement reconnaît beaucoup compter sur "les engagements volontaires de tous les acteurs", l'entourage du ministère de l'Agriculture confie au Parisien qu'une loi sera faite "si c'est utile". "On ne s'interdit a priori aucun levier pour agir", ajoute-t-on. 

Toutes les propositions seront discutées lors des ateliers qui se tiendront jusqu'à la mi-novembre, et dont une synthèse sera publiée mi-décembre, a promis le ministère de l'Agriculture. Un atelier transversal devra déterminer quels investissements seront nécessaires pour une meilleure performance environnementale, sanitaire, sociale et économique. Avec en ligne de mire la répartition des cinq milliards d'euros du plan de modernisation de l'agriculture promis durant la campagne.

Adrienne Sigel avec AFP