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Pourquoi l'horloge de votre four ou du radio-réveil n'est-elle plus à l'heure?

Ces affichages bien utiles peuvent accuser jusqu'à 6 minutes de retard. Le problème incombe au réseau électrique européen, plombé par la production volontairement insuffisante du Kosovo.

Sauf s'il fonctionne sur piles, votre radio-réveil n'est peut-être plus à l'heure. Pareil pour l'horloge de votre four, dans la cuisine. Il se pourrait que ces appareils accusent le même retard de plusieurs minutes, révèle Le Parisien. Nulle dysfonction de vos appareils électroménagers connectés au secteur dans ce dérèglement, la faute revient au réseau électrique européen. En réalité des millions d'Européens sont potentiellement touchés par cette anomalie.

L'explication est simple. Pour se maintenir à l'heure, toutes ces horloges se calent sur la fréquence du courant électrique, soit normalement 50 hertz. C'est bien moins rapide qu'une montre à quartz (32 kHz), mais cela suffit pour maintenir une mesure correcte du temps. Or depuis la mi-janvier, explique un communiqué d'Entso-E, une association réunissant les fournisseurs d'électricité de 25 pays, y compris hors UE, cette fréquence a baissé à 49,996 hertz. 

Une différence infime, plusieurs minutes à l'arrivée

Si cette différence paraît négligeable, il n'en est en réalité rien. Le retard cumulé peut aller jusqu'à six minutes cumulées. Si les montres, les téléphones portables, les ordinateurs (qui se calent généralement sur l'heure Internet) ou la vieille horloge mécanique du grand-père ne sont pas concernés, il apparaît clairement qu'il n'est plus totalement possible de se fier à l'horloge du four, voire du radio-réveil s'il est connecté au secteur.

Et la situation explique au Parisien une porte-parole de l'Entso-E, n'est pas prête de se régler. Cette situation est directement liée à la guerre larvée que se livrent le Kosovo et la Serbie. Cette dernière est responsable de l'équilibre de la production de la région des Balkans. Or, son voisin ne produit pas assez, de sorte qu'elle devrait, en théorie, compenser le manque pour rétablir l'équilibre. "Mais la Serbie refuse de produire plus pour des raisons d'opposition politique et historique entre les deux pays", analyse un expert auprès du Parisien. Et d'autres grandes nations énergétiques européennes, France et Allemagne en tête, ne veulent pas non plus pallier le manque et en supporter le coût.

En attendant que l'ambiance soit un peu moins "électrique" dans les Balkans, nous serons contraints de remettre nos pendules à l'heure dans quelques semaines.

David Namias