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Philae: le robot de la sonde Rosetta va se poser sur une comète

La première photo de Rosetta transmise par Philae, le 15 avril 2014.

La première photo de Rosetta transmise par Philae, le 15 avril 2014. - -

Le 11 novembre, le petit robot se posera sur une comète, composée à 80% de glace. Il mourra de chaleur quatre mois après son atterrissage. Philae a déjà envoyé sur Terre une photo de la sonde spatiale Rosetta, depuis un lieu situé entre la ceinture d'astéroïdes et Jupiter.

Les caméras de Philae fonctionnent, la foreuse et le spectromètre ne sont pas grippés par le froid cosmique: tout est en ordre de marche sur le petit robot de la sonde spatiale Rosetta qui doit bientôt se poser sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko.

Philippe Gaudon, chef du projet au Cnes (Agence spatiale française) sur la mission européenne Rosetta, et ses équipes ont testé lundi soir la plupart des 10 instruments scientifiques installés à bord du petit robot Philae qui sera largué par Rosetta pour se poser le 11 novembre sur la comète.

"On sait peu de choses sur ces comètes composées à 80% de glace d'eau, mais on a découvert qu'elles renfermaient du carbone sous forme de macromolécules extrêmement noires datant de la naissance du système solaire", explique Jean-Pierre Bibring l'un des responsables scientifiques français. "Leur analyse peut permettre de comprendre les processus d'où la vie a pu découler", ajoute-t-il.

Après 10 ans de voyage, dont plus de trois ans d'hibernation des instruments, le premier autoportrait de Rosetta pris par une caméra de Philae est arrivé dans la nuit au SONC (Science Operation and Navigation Center) du Cnes à Toulouse.

Une foreuse creusera dans le sol de la comète

Envoyée de plus de 600 millions de kilomètres de la Terre, quelque part entre la ceinture d'astéroïdes et Jupiter, la photo a mis 30 minutes pour parvenir sur Terre. Le "selfie" n'est guère impressionnant, mais il symbolise le réveil des instruments de Philae.

"On a aussi actionné sur quelques millimètres la foreuse qui creusera dans le sol de la comète, l'appareil qui mesurera le magnétisme, tout est en ordre", déclare Jean-François Fronton, l'un des ingénieurs de bord. Rosetta a parcouru 6 milliards de kilomètres en 10 ans pour rejoindre la comète. Rosetta puis Philae ont été réveillés ces dernières semaines à l'approche de leur objectif.

L'ensemble des tests de fonctionnement de ses 10 outils scientifiques français et allemands devraient être terminés dans 10 jours. Le freinage devrait commencer en juin et les premières informations scientifiques sont prévues en juillet.

Un atterrissage méticuleux

Rosetta devrait ensuite se rapprocher de la comète tout doucement et se placer le 6 août en orbite autour du noyau de la comète, aussi appelée 67P à une altitude de 30 kilomètres environ.

Le centre de Toulouse présélectionnera alors cinq sites possibles d'atterrissage avant de choisir le site définitif en octobre. "On ignore la densité exacte, la structure du sol", le site d'atterrissage sera capital, explique Jean-Pierre Bibring. Si Philae, lourd de 100 kilos, "s'enfonce de plus de 70 centimètres, ce sera foutu", ajoute M. Bibring. "Le pire serait un sol en crème catalane avec une fine croute surmontant une crème légère" lance-t-il.

Le CNES ne se concentre pas sur ce scénario catastrophe mais plutôt sur les 18 expériences à mener dans les deux premiers jours sur la comète. Avant de mourir de chaleur sur la trajectoire conduisant P67 près du soleil, il restera quatre mois à Philae pour mener à bien sa mission, mieux comprendre ces témoins de l'origine du système solaire que sont les comètes.

A. D. avec AFP