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Marche pour le climat: 14.500 personnes ont défilé à Paris

Cinq jours après la remise du rapport choc du Giec sur le réchauffement climatique, plus de 80 manifestations se sont tenues partout en France. Selon un comptage indépendant pour un collectif de médias dont BFMTV, 14.500 personnes ont notamment défilé à Paris.

Dans les métropoles comme les petites villes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi dans les rues de France au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques. Au mois de septembre, plusieurs manifestations s'étaient déjà tenues quelques jours après la démission du ministre de l'Ecologie et de la Transition solidaire Nicolas Hulot. 

Près de 80 marches étaient ainsi prévues dans toute la France. A Paris, le cabinet Occurrence a dénombré 14.500 personnes, dans un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias dont BFMTV.

Les organisateurs avancent eux le nombre de 25.000, ainsi que 10.000 personnes à Lyon et Grenoble, 4000 à Rennes, 1200 à Dijon, 900 à Saint-Etienne, 600 à Clermont-Ferrand, 500 à Reims, une centaine à Auch et des regroupements dans d'autres villes encore. De son côté, la police a compté 3200 manifestants à Lille, 2500 à Bordeaux et 1850 à Strasbourg. 

La mobilisation était menée par de simples citoyens, associations et partis politiques ayant été priés de se placer en fin de cortège. Place de l'Opéra à Paris, les banderoles "Changeons le système, pas le climat" et "Chaud devant" ont repris du service, pour défiler jusqu'à la place de la République.

"On n'est pas foutus, les pandas sont dans la rue"

"On n'est pas foutus, les pandas sont dans la rue", chantaient des manifestants en T-shirt rouge du WWF derrière leur mascotte, le panda géant.

"Plus on est nombreux, plus on peut peser sur les politiques publiques", a expliqué à l'AFP Sylvaine Deport, 70 ans venue de région parisienne.

Capucine et Aurélien, 35 ans, sont venus avec leur fille de 3 ans sur les épaules et un bébé de 3 semaines, emmailloté en écharpe. "On n'a pas l'habitude de manifester mais cette cause nous tient à coeur", ont-ils dit. La petite famille n'avait pu participer à la première manifestation car l'accouchement était trop proche.

Le rassemblement était visuellement moins imposant que celui du 8 septembre qui, à Paris, avait réuni 50.000 personnes selon les organisateurs, 18.500 selon la préfecture de police.

"On ne satisfait pas des mesurettes"

A Marseille, près de 500 personnes défilaient à la mi-journée sur le Vieux port. En fin d'après-midi, le quotidien La Provence avançait le nombre de 1000 personnes devant la préfecture. 

"Le but c'est de dire qu'on est là, qu'on ne se satisfait pas des mesurettes du gouvernement", expliquait Adeline, venue avec ses collègues du zoo de la Barben pour participer au rassemblement.

Coiffés pour l'occasion d'un bonnet à tête d'ours polaire, ils plaident avec les autres manifestants, en majorité des familles, pour une meilleure protection de l'environnement.

Comme en septembre, quand un jeune Parisien, Maxime Lelong, avait pris l'initiative d'appeler à descendre dans la rue après la démission surprise de Nicolas Hulot du poste de ministre de la Transition écologique, ces marches sont organisées par des particuliers, avec le soutien d'associations.

Son successeur François de Rugy a "salué toutes celles et ceux qui marchent pour le climat (...) partout en France". "La mobilisation de chacun est une force pour agir!", a tweeté le ministre. 

Sous les mots d'ordre "plus qu'une marche pour le climat" et "il est encore temps", ce mouvement citoyen espère dégager "un message clair qui soit audible pour tous" en faveur de l'environnement et encourager le passage à l'action, a indiqué une des bénévoles chargée de la coordination, Danièle Migneaux.

Un "village des initiatives"

A Paris, en plus de la marche, un "village des initiatives" était organisé samedi après-midi place la République. L'animation des stands a été confiée à des associations, des scientifiques, comme les climatologues Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte, avec un forum prévu pour évoquer les suites du mouvement. Le chanteur Matthieu Chedid et Cyril Dion, réalisateur du documentaire "Demain", étaient présents.

Des rassemblements étaient prévus un peu partout dans l'Hexagone, ainsi qu'en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti. Hors de France, des marches devaient avoir lieu à Genève, Luxembourg, Namur, Montréal et Montevideo, selon les organisateurs.

Des actions jusqu'au Japon et l'Australie

En parallèle, d'autres actions doivent se dérouler à l'étranger à l'initiative de l'association 350.org. Au Japon ou encore en Australie, des copies du dernier rapport du Giec, paru en début de semaine, doivent être distribuées à des élus.

Dans ce rapport de 400 pages, les experts climat de l'Onu appellent le monde à engager des transformations "rapides" et "sans précédent", s'il veut limiter le réchauffement à 1,5°C. Si les Etats s'en tiennent à leurs engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pris dans le cadre de l'accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle, avec la menace d'un emballement climatique.

Jé. M. avec AFP