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Des scientifiques ont identifié une région du monde dont l'air est "vierge" de toute pollution 

Une partie de l'Antarctique

Une partie de l'Antarctique - Chris LARSEN / NASA / AFP

Une équipe de chercheurs de l'Université du Colorado a identifié une zone dans l'océan Austral, près de l'Antarctique, dont l'air n'a pas été pollué par l'activité humaine, selon une étude publiée dans la revue de la National Academy of Sciences.

Il existe, selon des chercheurs de l’Université du Colorado, une région où l’atmosphère n’est pas perturbée par l’activité humaine. Difficile toutefois d’y accéder, puisqu’il faut pouvoir se rendre en océan Austral, autour de l'Antarctique, pour pouvoir l’observer, selon une étude publiée dans la revue de la National Academy of Sciences et relayée ce mercredi par CNN.

Aucune particule issue des combustibles fossiles

Une équipe de chercheurs dirigée par la professeure de sciences atmosphériques Sonia Kreidenweis a étudié la composition des bioaérosols dans l’océan Austral. Depuis la Tasmanie (Australie), ils ont navigué jusqu’à l'Antarctique pour récolter des échantillons d’air provenant de l’atmosphère en contact immédiat avec l’océan. Ils ont ensuite effectué des prélèvements de microbes en suspension dans l’air, qui peuvent être dispersés à plusieurs milliers de kilomètres par le vent.

Avec le séquençage ADN et l’étude des trajectoires des vents, les chercheurs en ont déduit que les particules prélevées près du lieu d’habitat des manchots empereurs ne pouvaient provenir d’un autre continent plus au Nord. Ainsi, autour de cette terre recouverte à 99% par de la glace, aucune particule issue des combustibles fossiles ou de l’agriculture n’a été identifiée par ces chercheurs dans la couche limite atmosphérique. 

Une zone "moins affectée par les activités anthropiques"

"Les aérosols contrôlant les propriétés des nuages ​​de l’océan Austral sont fortement liés aux processus biologiques de l'océan, et l'Antarctique semble être isolé de la dispersion vers le sud des micro-organismes et des dépôts de nutriments de continents du sud", explique dans un communiqué le co-auteur de l’étude, Thomas Hill.

"Dans l'ensemble, cela suggère que l’océan Austral est l'un des rares endroits sur Terre qui a été le moins affecté par les activités anthropiques", ajoute-t-il.

Cette partie de l'océan Austral serait donc, selon ces scientifiques américains, l’une des dernières régions du globe dont l'air est "vierge" de toute activité humaine. Une découverte qui a son importance, alors que la pollution de l’air tue 7 millions de personnes chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Esther Paolini