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Des ours malais imitent les expressions faciales de leurs congénères, une première

Trois ours malais jouant dans un enclos semi-naturel d'un refuge vietnamien, le 5 novembre 2014 à Tam Dao. (Photo d'illustration)

Trois ours malais jouant dans un enclos semi-naturel d'un refuge vietnamien, le 5 novembre 2014 à Tam Dao. (Photo d'illustration) - Hoang Dinh Nam - AFP

Ce phénomène a jusqu'à ce jour été observé chez les hommes, les primates et les chiens domestiques, avec une précision accrue chez les gorilles et les humains.

Si une personne en face de vous bâille, il y a des chances pour que vous vous mettiez à bâiller à votre tour. Si deux gorilles jouent dans un même enclos, il y a des chances pour qu'ils affichent tous les deux un air joueur.

Ce type de comportement traduit deux choses. D'une part, la capacité des humains, primates et chiens domestiques à changer leur expression faciale face à un congénère (ou même une autre espèce, comme cette gorille du zoo du Bronx qui tirait la langue aux visiteurs). D'autre part, la reproduction de l'expression de leur congénère avec un degré de finesse qui n'avait encore été étudié que chez les humains et les gorilles des plaines de l'Ouest, rappelle National Geographic.

Le petit ours malais vient désormais s'ajouter à la courte liste, selon une récente étude publiée dans la revue Nature. Une équipe de chercheurs s'est intéressée à 22 de ces ours, logés au centre de sauvetage et de réhabilitation Bornean Sun Bear Conservation Centre en Malaisie. Grâce à plus de 370 vidéos de bagarres amicales entre les ursidés, les scientifiques ont décortiqué les expressions faciales de ces animaux plutôt solitaires dans la nature.

Une imitation dans 21 cas sur 22

Non seulement ils ont réalisé que 21 ours sur 22, dans ces situations de jeu, ouvraient la bouche quand leur congénère le faisait, mais que l'imitation de l'expression faciale était très précise.

Et ce "malgré le fait que les primates sont censés avoir plus d'aires du cerveau spécialisées dans la reconnaissance faciale que d'autres mammifères", souligne l'étude.
"Cela paraît possible que d'autres espèces aient cette capacité", suggère dans les colonnes de National Geographic Marina Davila-Ross, experte en psychologie comparée à l'université de Portsmouth et co-autrice de l'étude.

Les résultats sur les ours malais sont d'autant plus surprenants que dans la nature, ils ne sont pas particulièrement sociables, ce qui voudrait dire que la communication non-verbale n'est pas réservée aux animaux vivant en groupe.

Il faut toutefois noter que les spécimens étudiés sont habitués à vivre ensemble dans le refuge, ce qui pourrait avoir influencé les résultats de l'étude.

Liv Audigane