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COP21 commence au Conseil économique et social

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Les préparatifs pour  la Conférence internationale sur le climat de Paris (COP21), prévue pour la fin de l'année, avancent rapidement mais dans un silence complet. Une étape formelle vient d'être franchie cette dernière semaine d'avril,  à Paris, dans une grande discrétion. Le lieu: le Conseil économique, social et environnemental (CÉSE). Le côté "environnemental" nous a peut-être échappé jusqu'à récemment, mais désormais le CÉSE est pleinement au centre de l'impressionnante flotte d'institutions françaises liées au COP21.

Laurent Fabius, Ségolène Royal, et le Sous-secrétaire général aux changements climatiques à l'ONU Janos Pasztor ont tous trois présenté leurs buts devant le CÉSE. Les diplomates étrangers étaient nombreux dans l'hémicycle, soucieux de prendre le pouls de l'approche française.

Le sous-secrétaire général aux changements climatiques des Nations-unies, en un français excellent, explique qu’il faut associer le secteur privé, et la coopération sud-sud, au processus.

Le Ministre des Affaires étrangères s'est acquitté honorablement, et même agréablement, de sa présentation. Il s'est départi de son texte préparé, et s'est exprimé spontanément et clairement. Il a rappelé notamment que la conférence de Paris pouvait très bien être une réussite car elle commençait sous de meilleurs auspices que Copenhague en 2009.

Pour Fabius, la conférence de Paris ne sera pas Copenhague

Quels auspices? D'abord, les climatosceptiques se sont quasiment évaporés devant la prépondérance des rapports et études scientifiques de tous bords. Ensuite, tous les objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre vont être chiffrés, État par État, avant même la fin de l'été; et John Kerry et Barack Obama sont fortement engagés, ce qui n'était pas le cas en 2009 lorsque ce même Obama est venu à Copenhague à la dernière minute sans plan précis. Enfin, les États-Unis et la Chine viennent de signer un accord où chacun s'engage à réduire ses émissions en parallèle avec l'autre. Enfin, Laurent Fabius note l'ambition des pays riches à avancer 100 milliards de dollars par an à l'ensemble des pays africains. (Explication annexe: les pays africains produisent très peu d'émissions de carbone par habitants, mais sont technologiquement en retard, donc les pays riches financeraient le nouveau décollage industriel et écologique africain, ce qui est une idée qui me paraît étrange pour l'instant).

Un bémol me saute aux yeux: l'accord sino-américain n'est pas contraignant, et n'est qu'un échange de bonnes intentions. Pourquoi en est-on si fier? Sans doute que les présidents Xi Jinping et Barack Obama, qui ont paraphé ces simples lettres à Pékin, avaient envie que le monde prenne note. L'accord, qui est plutôt une simple déclaration commune, est censé être politiquement impresionnant — l'on se contente de peu.

Ségolène Royal détient le portefeuille de l'écologie pour la deuxième fois, et voit une amélioration

Rendons à Ségolène Royal, Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, son dû: elle a avoué tout de go que Copenhague n'avait pas été une réussite. Puis elle a clairement lié la reconquête de biodiversité aux dossiers climatiques, et elle compte beaucoup sur la nouvelle loi dans le circuit, la Loi sur la Transition énergétique pour la croissance verte. Et de rappeler en fin de compte qu'il a 23 ans, elle était ministre de l'Environnement, est allé à Rio (enceinte), pour le sommet de la planète, et qu'à l'époque seuls 12% des Français sondés pensaient que le dérèglement climatique était dû aux gaz à effet de serre!

Harold Hyman