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Arrivée à Cherbourg d'un bateau de combustibles nucléaires australiens

Un employé contrôle le niveau de radioactivité d'un conteneur

Un employé contrôle le niveau de radioactivité d'un conteneur - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Vendredi matin à Cherbourg, un navire transportant des combustibles nucléaires australiens est arrivé.

Un navire de combustibles nucléaires irradiés australiens est arrivé vendredi matin à Cherbourg (Manche) afin que ces matières soient retraitées par Orano (ex-Areva) dans son usine de la Hague, à 20 km du port, selon le groupe nucléaire français.

Le déchargement du BBC Austria était en cours peu après 8h, a constaté un photographe de l'AFP sur place.

Parti le 29 juillet de Sidney

Ce transport de deux tonnes de combustibles irradiés entre dans le cadre d'un contrat entre Orano et la société Ansto (Agence Australienne des Sciences et Technologies Nucléaires), selon Orano.

Le bateau était parti le 29 juillet de Sydney, selon Greenpeace, qui avait assigné jeudi Orano devant le juge des référés de Cherbourg en raison de ses doutes sur la "légalité" du contrat qui prévoit plusieurs transports.

Doutes sur la légalité du contrat

Le juge a renvoyé l'audience au 25 septembre à la demande d'Orano. Greenpeace lui demandait d'enjoindre l'entreprise de lui transmettre ses contrats australiens. Orano a indiqué que l'entreprise se soumettrait à la décision du juge.

Ce transport "très encadré", par un décret paru le 8 juillet 2018, a "évidemment reçu toutes les autorisations des autorités compétentes", avait souligné jeudi le directeur de la communication de l'usine Orano de La Hague Gwenaël Thomas.

"Tous les déchets australiens issus des opérations de recyclage repartiront en Australie", conformément à la loi française selon laquelle les déchets nucléaires étrangers ne peuvent rester sur le territoire, avait-il ajouté.

Les "matières valorisables comme l'uranium et le plutonium seront réutilisées sur le marché européen pour produire de l'électricité", a-t-il ajouté.

Question de l'exportation des déchets 

Dans l'assignation, Greenpeace s'inquiète en effet d'un "transfert de propriété du plutonium et d'uranium entre Ansto et "Areva", ce qui laisse à penser qu'une partie des matières importées pourrait rester sur le territoire français".

Le contrat "devrait conduire, à terme très éloigné (2034 voire 2040) à l'exportation vers l'Australie d'un volume de déchets radioactifs supérieur à celui qui a été importé, sans qu'aucune prévision de réutilisation des matières ainsi exportées ne soit prévue", estime l'ONG.

"On renvoie la même équivalence d'activité radiologique vers l'Australie" que celle reçue, a de son côté assuré Gwenaël Thomas.

Selon Orano, ces combustibles ont été utilisés pour produire des radioisotopes utilisés dans la prévention et la lutte contre certains cancers ainsi qu'au développement de la recherche fondamentale.

B.L. avec AFP