BFMTV

34 militants de Greenpeace interpellés dans la centrale de Fessenheim

La banderole déployée par des militants de Greenpeace qui se sont introduits dans la centrale de Fessenheim, le 18 mars 2014.

La banderole déployée par des militants de Greenpeace qui se sont introduits dans la centrale de Fessenheim, le 18 mars 2014. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale de Fessenheim. 34 personnes ont été interpellées.

56 militants de Greenpeace se sont introduits vers 5h30 mardi matin sur le site de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vieille de France (elle est en service depuis 1977).

Ils en ont profité pour déployer une banderole "Stop risking Europe" pour dénoncer la menace nucléaire que font peser sur l'Europe les centrales vieillissantes. L'ONG entend ainsi frapper un grand coup, à deux jours d'un sommet des chefs d'Etats européens "qui doit décider ce jeudi 20 mars de l’avenir de l’énergie en Europe".

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, 56 personnes ont participé à cette action et "une quarantaine ont réussi à entrer en zone protégée". 34 militants ont été interpellés.

Plus tard dans la matinée, treize autres militants, dont deux plongeurs, ont déployé une banderole sur le canal d'Alsace devant la centrale. Proclamant "Future is renewable, stop nuclear" -"L'avenir est renouvelable, arrêtez le nucléaire"-, la banderole a été déployée grâce à des zodiacs.

Problème de sécurité

Interrogé par BFMTV, Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie à Greenpeace, estime que cette occupation prouve "qu'il y a un problème de sécurité du site". Il estime par ailleurs que "la sûreté de fonctionnement des réacteurs nucléaires" ne peut être garantie.

Une opinion partagée par le maire de Bègle et député écologiste, Noël Mamère: "Il est tout à fait possible de pénétrer dans des centrales nucléaires, jusqu'au coeur de la centrale", a-t-il déploré au micro de BFMTV. "Nous ne sommes protégés ni en matière de sécurité, ni bien sûr en matière de risques du genre de celui (...) de Fukushima", a-t-il continué.

Les individus immédiatement "identifiés"

Le ministère de l'Intérieur rejette en bloc ces affirmations et a précisé que la "quarantaine" d'individus qui ont pénétrés sur le site de Fessenheim "ont été immédiatement détectés, et identifiés comme étant des militants écologistes menant une action exclusivement médiatique".

"Ce n'est pas parce que l'on arrive à pénétrer dans une centrale nucléaire que pour autant on porte atteinte à l'intégrité de cette centrale", a déclaré sur BFMTV Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "A partir du moment où on sait que ce sont des militants écologistes (...) on est obligés d'adapter notre niveau de riposte et de les interpeller dans des conditions optimales de sécurité, même si cela prend du temps", a-t-il affirmé.

Pour "une vraie transition énergétique"

Greenpeace demande la fermeture du site de Fessenheim, pourtant annoncée pour fin 2016 par François Hollande. Elle souhaite aussi "l'arrêt des centrales vieillissantes partout en Europe et en France".

"Fessenheim est un symbole de ces centrales, elle a 37 ans. Nous voulons que l'exploitation des réacteurs n'aille pas au-delà de 40 ans et que cette limite soit inscrite en France dans la loi de transition énergétique et dans le droit européen", a expliqué un militant Greenpeace à l'AFP.

Sur son site internet, l'organisation interpelle également François Hollande et Angela Merkel et leur demande "d’engager leur pays et l’Europe entière dans une vraie transition énergétique, débarrassée du risque nucléaire et basée sur les renouvelables". Greenpeace pointe aussi du doigt "les centrales à charbon en Allemagne et à l’est de l’Europe", qui doivent, selon elle, être abandonnées.

En fin de matinée, Europe Ecologie Les Verts, qui compte pourtant deux membres au gouvernement, a "félicité" Greenpeace pour son "coup d'éclat".

#Action #Fessenheim message @fhollande de l'intérieur de la centrale . Il faut agir ! #TheEnd http://t.co/wP1xOjYGMA pic.twitter.com/0Hl17V1Dvq
— Greenpeace France (@greenpeacefr) 18 Mars 2014
S. C. et M. K. avec AFP