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Variant Omicron: pour le virologue Christian Béchot, l'inquiétude est légitime

Le virologue et président du "Global Virus Network" était l'invité ce samedi de BFMTV, pour réagir à la propagation du nouveau variant du Covid-19, Omicron. S'il appelle à la vigilance, il rappelle que rien n'indique, pour le moment, que ce variant résisterait aux vaccins.

Deux jours après la découverte du variant Omicron, en Afrique du Sud, le monde entier commence à se préparer. Alors que certains pays ferment leurs frontières, d'autres durcissent leurs mesures de restriction. Une inquiétude légitime, pour le Pr Christian Bréchot, virologue et président du "Global Virus Network", invité de BFMTV ce samedi soir.

"Les informations dont on dispose montrent un très grand nombre de mutations sur l'ensemble du virus, mais en particulier sur l'enveloppe qui est la cible des vaccins. Quand on regarde la séquence, il peut inquiéter et c'est la raison pour laquelle l'OMS l'a classé comme préoccupant", explique le scientifique, pour qui "on a raison de se mettre en ordre de marche pour prévenir sa diffusion".

Si, pour le moment, impossible de savoir si ce nouveau variant "résiste plus aux vaccins" qu'un autre, faute de "tests en culture", les chercheurs savent "qu'il a beaucoup de mutations", dont "certaines d'entre elles peuvent être dangereuses".

"Une croissance très rapide" en Afrique du Sud

La première source d'inquiétude, pour Christian Béchot, réside dans les conditions dans lesquelles ce variant Omicron s'est développé, en Afrique du Sud, "en gagnant du terrain par rapport au variant Delta" et au sein d'une population faiblement vaccinée mais "fortement immunisée de façon naturelle". Au sein des populations étudiées, la "croissance a été très rapide". Autre point noir: "La diffusion dans d'autres pays."

La part des variants séquencés en Afrique du Sud
La part des variants séquencés en Afrique du Sud © BFMTV

"On savait que des variants pouvaient arriver, ça confirme que tant qu'on n'aura pas contrôlé la circulation du virus dans le monde entier, et pas seulement en se préoccupant de politiques nationales, on n'aura pas réglé le problème", affirme le chercheur.

Une "situation complètement différente par rapport à il y a un an"

Ce dernier nuance toutefois cette inquiétude montante: "Il faut rappeler qu'on a la chance, dans un pays comme la France, d'avoir le vaccin, il faut faire les doses de rappel". "Il n'y a pas d'indications pour l'instant que ce virus doit nécessairement résister aux vaccins, donc ça ne change pas la stratégie globale. Il faut toujours rappeler qu'on voit arriver des antiviraux, on a des anticorps monoclonaux et les vaccins. La situation est complètement différente par rapport à il y a un an", nuance-t-il.

S'il comprend "l'anticipation de la menace", il regrette des moyens insuffisants pour les dépistages. "On devrait avoir des tests diagnostiques beaucoup plus rapides. Malheureusement, l'effort n'a pas été fait au même niveau que les vaccins", souligne-t-il.

Fanny Rocher