BFMTV

Variant du Covid-19: le pédiatre Robert Cohen appelle à "multiplier" les tests chez les enfants

Générant une propagation légèrement plus forte chez les enfants au Royaume-Uni, le variant B117 incite les pédiatres français à la prudence, qui appellent néanmoins à ne pas être anxiogène.

Aurait-il fallu décaler la rentrée des classes de ce mois de janvier 2021? À l'heure où le nouveau variant de Covid-19 - appelé B117 - se répand au Royaume-Uni et semble davantage toucher les enfants, la question fait débat. Notre ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a insisté sur BFMTV qu'aucun report de la rentrée n'aurait lieu, arguant que le taux d'infection des élèves en France demeurait très bas.

La crainte de ce nouveau variant a été alimentée, initialement, par l'infirmière en chef de l'hôpital de Londres qui a qualifié la situation d'"effrayante" sur la BBC vendredi dernier. Dans la foulée, plusieurs experts français en pédiatrie ont publié un communiqué commun dans lequel ils démentaient toute forte augmentation du nombre d'enfants hospitalisés au Royaume-Uni à cause du Covid-19. Laurence Cordonnier, médecin généraliste à Londres, affirme que le variant accentue la transmission du virus, mais ne rend pas les enfants plus malades.

Obtenir un séquençage

Certains enseignants regrettent néanmoins que le protocole sanitaire prévu dans les établissements n'ait pas été renforcé. La secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, Sophie Vénétitay, aurait préféré que notre système scolaire se donne "les moyens de tester massivement les élèves et les personnels au retour de ces vacances où il y a eu du brassage" ou qu'il y ait "une réflexion sur la cantine".

Pour l'infectiologue et pédiatre Robert Cohen, l'apparition de nouvelles souches mutantes du virus doit être surveillée.

"Il faut multiplier le nombre de tests, (...) il va falloir envoyer les prélèvements pour un séquençage, pour voir si ce variant anglais, qu'on n'a jamais encore isolé chez un enfant en France, apparaît", avance-t-il prudemment ce lundi sur BFMTV.

"Si ce variant apparaissait, bien entendu il faudrait prendre d'autres mesures pour mieux contrôler l'épidémie", ajoute-t-il.

Surveiller "de près"

Dans les colonnes du Parisien, l'épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet estime qu'il est "trop tôt pour dire" si ce variant "a un tropisme particulier pour les jeunes". "Mais il faut rester vigilant", ajoute-t-il.

Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie, rappelle qu'il n'y a "aucune donnée précise" pour l'heure. "Ne soyons donc pas faussement anxiogènes", insiste-t-elle, tout en concédant qu'il fallait surveiller "de près" l'évolution du variant B117 en milieu scolaire. Et d'affirmer, elle aussi, qu'il était nécessaire de tester davantage les enfants et "réaliser plus de séquençages".

Jules Pecnard Journaliste BFMTV