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Vacciner "tous les Français qui le souhaitent" d'ici la fin de l'été: l'objectif de Macron est-il réalisable?

Un flacon du vaccin contre le Covid-19 de Moderna, à Bruxelles, en Belgique, le 2 février 2021

Un flacon du vaccin contre le Covid-19 de Moderna, à Bruxelles, en Belgique, le 2 février 2021 - Kenzo TRIBOUILLARD © 2019 AFP

Le chef de l'Etat a également assuré que la campagne de vaccination "se déroul(ait) au rythme qui était prévu".

"Nous allons continuer cette stratégie et d'ici la fin de l'été, nous aurons proposé en France à tous les Français adultes qui le souhaitent un vaccin", a assuré mardi soir Emmanuel Macron sur TF1. Une réponse aux critiques récurrentes sur la lenteur de la campagne de vaccination française, ouverte depuis le 27 décembre dernier et qui concerne actuellement les pensionnaires des Ehpad ainsi que les personnes de plus de 75 ans. Une assertion qui, au vu de l'actuel rythme des injections, peut sembler ambitieuse voire hors de portée, bien qu'Emmanuel Macron a assuré qu'elle se déroulait au rythme prévu.

L'engagement intervient quelques heures après que la Haute autorité de santé (HAS) a autorisé le vaccin contre le Covid-19 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca, formulant simplement une recommandation de ne pas l'utiliser après 65 ans.

L'arrivée de ce troisième sérum, après ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna, va mécaniquement augmenter le nombre de doses disponibles, alors que des retards de livraison sont actuellement constatés, et pourrait aider l'exécutif à tenir des objectifs de vaccination de toute la population qui en émet le souhait d'ici la fin de l'été, c'est-à-dire le 22 septembre.

Accélérer la production

"Il faut deux doses pour une partie de ces vaccins, donc je pense que avant la fin de l'été, tout le monde aura eu la première dose, et une partie aura eu la deuxième dose donc je suis un peu prudent. Ca ne veut pas dire que les deux doses seront administrées à tous les Français avant l'été mais on peut l'espérer", a réagi Jean-Pierre Thierry sur BFMTV, médecin de santé publique et conseiller médicale de "France Assos Santé".

Face aux retards de livraisons, le stock de doses disponibles s'annonce comme étant le nerf de la guerre. Mardi soir, Emmanuel Macron, qui s'exprimait après avoir réuni les grands laboratoires français et européens pour leur demander d'accélérer la production de doses, a déclaré qu'à compter de fin février-début mars, quatre sites français produiraient des vaccins contre le Covid-19, dans le but de faire monter en puissance "la capacité à produire ces vaccins en grande quantité".

Les pharmaciens en renfort

En donnant son aval pour le vaccin d'AstraZeneca, la HAS a également indiqué qu'il pourrait être administré par les pharmaciens et les sages-femmes, en plus des infirmiers et médecins. Une revendication qui était portée par ces soignants et qui pourrait permettre une véritable accélération du rythme vaccinal.

"On est capables de vacciner 10 millions de personnes par mois, les soignants de ville, médecins, infirmiers, pharmaciens... On le fait pour la grippe", a fait valoir sur BFMTV Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. "À condition d'avoir les doses...", qui selon lui n'arriveront que dans "la troisième semaine de février" dans les réfrigérateurs des officines.

Le chef de l'État a aussi expliqué mardi que l'Union européenne avait sécurisé 2,3 milliards de doses de vaccins pour l'instant, ce qui permettrait de garantir cette vaccination générale des Français d'ici à la fin de l'été.

Selon les prévisions de la Direction générale de la Santé (DGS), quelque 264 millions de doses pourraient avoir au total été livrées en France au deuxième semestre de 2021.

103.276 secondes doses administrées à ce jour

"Je pense que d'ici la fin de l'été, s'ils nous donnent six-sept mois, je pense que si les vaccins sont là, les capacités à vacciner sont suffisantes pour pouvoir vacciner les gens qui le souhaitent", a avancé mardi soir sur BFMTV Élisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS. "Les personnes adultes, ça veut dire 40 millions de personnes", a-t-elle ajouté. "Je pense que c'est théoriquement possible, après on verra", a précisé l'infectiologue.

Mardi soir, Emmanuel Macron a également estimé que 80% des pensionnaires des Ehpad qui souhaitent se faire vacciner l'auront été début mars, ce qui représenterait quelque 500.000 personnes.

À ce jour, selon le ministère de la Santé, 1.610.754 premières doses ont été administrées, et 103.276 secondes doses.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV