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Vaccination: les primo-injections reportées dans plusieurs régions, pour Véran tout "va rentrer dans l'ordre"

Après des reports de rendez-vous de première injection de vaccin anti-coronavirus dans 4 régions, Olivier Véran a assuré ce vendredi qu'il n'y avait "pas d'annulation", seulement des retards de "quelques jours".

Comme d'autres pays européens, la France fait face à une baisse des livraisons espérées de vaccins anti-coronavirus. En conséquence, plusieurs régions ont dû reporter les rendez-vous de la première injection, pour s'assurer que les personnes ayant déjà reçu une première dose puissent recevoir la deuxième et terminer leur vaccination à temps. Le gouvernement se veut toutefois rassurant et affirme que la situation va "rentrer dans l'ordre", selon les mots d'Olivier Véran.

· Des rendez-vous repoussés à mars dans les Hauts-de-France

Jeudi, les Hauts-de-France ont annoncé le report de rendez-vous pour une première injection du vaccin contre le Covid-19, en raison de difficultés d'approvisionnement des doses Pfizer.

"Afin de garantir l'administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier, l'ensemble des rendez-vous de primo vaccination prévus jusqu'au mardi 2 février inclus seront déprogrammés et immédiatement reprogrammés à partir de la première semaine de mars", a annoncé l'Agence régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France.

Elle indique que le nombre de doses allouées à la région pour le mois de février s'élève à 126.360, contre 129.515 au mois de janvier.

"Plus de 15 % de la population prioritaire en Hauts-de-France a déjà pu bénéficier de la première injection du vaccin", se réjouit toutefois l'ARS.

· Reports de quelques jours ou semaines en Bourgogne-Franche-Comté

L'ARS de Bourgogne-Franche-Comté avertit, quant à elle, que "certains rendez-vous pris en février pour une première injection sont susceptibles d'être reportés de quelques jours ou semaines". "Aucun rendez-vous ne sera annulé", assure toutefois l'agence.

La réservation en ligne de nouveaux rendez-vous sera à nouveau possible "dans les prochains jours", promet-elle, disant "mesurer l'impatience légitime des candidats à la vaccination". Cette "nouvelle régulation" des rendez-vous est due à une "baisse des approvisionnements en vaccins Pfizer, intervenue cette semaine et qui se prolongera en février", explique l'ARS bourguignonne.

La Bourgogne-Franche-Comté est la région la plus vaccinée de France métropolitaine, avec 73.413 habitants vaccinés au 26 janvier, soit 2,61% de la population, contre une moyenne nationale de 1,63%.

· Les primo-injections suspendues à l'hôpital en Ile-de-France

Enfin, en Ile-de-France, c'est l'AP-HP qui a annoncé jeudi suspendre les injections de première dose, mais ce, uniquement dans les hôpitaux et établissements de santé et tout en poursuivant les injections de secondes doses. À l'échelle de la région et dans les autres centres de vaccination, l'ARS Ile-de-France assure que la vaccination se poursuit "à un rythme soutenu". Des reports de rendez-vous pour des premières injections vont bien avoir lieu mais "dans le volume le plus limité possible", promet l'ARS.

L'agence de santé a détaillé le calendrier prévu pour les prochaines semaines et affiche ses objectifs de vaccination. Pour la première semaine de février, elle prévoit 72.000 injections, dont 45.000 rendez-vous de première injection. Celles-ci seront effectuées dans les 116 centres de la région ouverts aux publics prioritaires. La semaine du 8 février, l'ARS prévoit un peu plus de vaccinations avec 75.000 injections prévues mais beaucoup moins de primo-vaccinations.

· Une nouvelle "régulation" des injections en Auvergne-Rhône-Alpes

Ce vendredi, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes annonce à son tour qu'une "régulation des plannings de vaccination pour les trois premières semaines de février". Et ce, pour "garantir l’administration de la seconde injection pour toutes les personnes ayant déjà reçu la première dose en janvier."

Ainsi, "une partie des rendez-vous de primo-injection prévus entre le 1er et le 22 février seront reportés". Cela concerne 8.300 rendez-vous lors de la première semaine de février, 6.400 lors de la seconde et 2.000 lors de la troisième. L'ARS estime que 72% des rendez-vous de primo-injection pris seront assurés. Pour les autres, un autre rendez-vous leur sera proposé à partir du 1er mars. Tous les rendez-vous pour le rappel vaccinal sont par ailleurs assurés.

· Selon Véran, "il n'y a pas d'annulation"

Face à ces reports en cascade, le gouvernement affirme qu'il ne s'agit que de problèmes mineurs, qui seront réglés rapidement. Lors d'un déplacement dans un hôpital de région parisienne ce vendredi, le ministre de la Santé et des Solidarités a soutenu qu'il n'y avait "pas d'annulation", avant de reconnaître qu'il y avait "pu avoir des primo-injections qui ont été reportées de quelques jours".

Olivier Véran a expliqué la situation par deux phénomènes: "des diminutions de l'arrivage de vaccins par rapport à ce qui nous avait été promis et ce que nous avions signé en terme de contrat" et une "multiplication des centres de vaccination, ce qui fait que dans certains endroits il y a eu plus de rendez-vous programmés qu'il n'y avait de doses prévues."

À cause des retards de livraison de la part de Pfizer/BioNTech, mais aussi de Moderna ou d'AstraZeneca - alors que le régulateur européenn a donné ce vendredi son feu vert à ce vaccin pour les plus de 18 ans -, le gouvernement prévoit qu'en février seulement un million de personnes recevront la première des deux injections nécessaires, après plus d'1,4 million en janvier.

S'ajouteront 1,4 million de deuxièmes injections, mais cette prévision est très inférieure au chiffre de 4 millions de personnes vaccinées fin février, qui avait d'abord été évoqué. Toutefois, le ministre assure que "tout ça va rentrer dans l'ordre".

Esther Paolini Journaliste BFMTV