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Vaccination contre le Covid-19: ce médecin déplore les "quatre semaines de retard" de la France

Mehdi Mejdoubi, chef de pôle au Centre Hospitalier de Valenciennes, a critiqué ce samedi, sur BFMTV, la stratégie vaccinale du gouvernement, la France vaccinant moins que ses voisins européens.

Les critiques pleuvent sur le gouvernement. De l'Académie de médecine, qui a regretté un démarrage "très lent" de la campagne de vaccination contre le Covid-19, au généticien Alex Kahn, qui attendait une action plus offensive, l'ensemble de la communauté soignante pointe du doigt la stratégie vaccinale adoptée par la France.

Contrairement à ses voisins européens, comme l'Allemagne, qui vaccine 20.000 personnes par jour, la France vaccine "50 personnes par jour", a déploré Mehdi Mejdoubi, Chef de pôle au Centre Hospitalier de Valenciennes, ce samedi sur BFMTV.

"L'Allemagne a ouvert le 27 décembre ses vaccinodromes qui ont tout de suite été opérationnels. Nous, nous les ouvrons début février au mieux. Nous sommes à quatre semaines de retard. Est-ce-que c'est rattrapable? Probablement pas. Sauf s'il y a une pénurie de vaccins en Allemagne", a ajouté le professeur de médecine.

Près de 400 vaccinodromes ont, en effet, déjà été installés outre-Rhin. Dans l'Hexagone, les premiers centres de vaccination doivent ouvrir en ville "avant début février", a annoncé Olivier Véran la semaine dernière sur Twitter.

Un défaut de pilotage

À quoi ce retard est-il dû? Mehdi Mejdoubi l'explique en partie en raison des nombreuses structures qui pilotent la stratégie vaccinale française.

"Aux États-Unis, on a nommé en mai le général Gustave Perna, un militaire spécialiste en logistique, et le Dr Moncef Slaoui, chercheur en immunologie. Ils assument et sont responsables d'un retard éventuel. En France, on ne sait pas trop. Il y a le Conseil scientifique, un Conseil d'orientation de stratégie vaccinale, le Comité analyse recherche expertise (Care). Ces structures s'ajoutent à l'Académie Nationale de Médecine, l'Ordre des médecins, la Haute Autorité de Santé...", a détaillé le professeur de médecine.

Il faut, selon lui, reprendre le pilotage en main avant de lancer les vaccinodromes, la "seule solution" pour vacciner "rapidement".

Le gouvernement a, dans un premier temps, paru assumer la lenteur de la campagne de vaccination, justifiant cette allure par la volonté de vacciner directement dans les Ehpad et la nécessité de recueillir le consentement des patients. Il a depuis annoncé, par la voix d'Olivier Véran, que la campagne vaccinale "va bientôt prendre de l'ampleur".

Clément Boutin Journaliste BFMTV