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Personnes prioritaires, risques de pénurie: ce qu'il faut savoir sur le vaccin contre la grippe

Un patient se fait vacciner à Paris, en septembre 2009 (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Un patient se fait vacciner à Paris, en septembre 2009 (PHOTO D'ILLUSTRATION). - LIONEL BONAVENTURE / AFP

La vaccination contre la grippe s'inscrit cette année dans le contexte de deuxième vague de contamination au Covid-19. BFMTV.com fait le point sur les enjeux de cette campagne de vaccination inédite.

Très attendue cette année à cause de l'épidémie de coronavirus, la campagne de vaccination contre la grippe démarre ce mardi et s'étendra jusqu'au 31 janvier. De nombreux appels à rendre le vaccin obligatoire pour une certaine catégorie de population se sont faits entendre depuis la rentrée. Les autorités sanitaires craignent un afflux de volontaires, et donc une pénurie. L'occasion de revenir sur les questions que posent cette campagne de vaccination inédite.

· Qui sont les personnes prioritaires pour le vaccin?

Les personnes prioritaires sont les Français âgés de 65 ans et plus, souffrant de certaines pathologies chroniques ou d'obésité sévère ainsi que les femmes enceintes, indique sur son site l'Assurance maladie. Cela concerne, près de 16 millions de personnes.

A ce premier groupe viennent s'ajouter les 316.060 professionnels de santé: médecins généralistes, pédiatres, gynécologues, sage-femmes, infirmiers, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues et chirurgiens-dentistes, qui sont également prioritaires pour la vaccination.

Ces personnes sont invitées à se faire vacciner en priorité avant le 30 novembre. Afin de ne pas encombrer les cabinets médicaux, il est demandé au reste de la population d'attendre cette date avant d'aller à son tour se faire vacciner.

· Comment se déroule l'administration?

Il existe deux vaccins antigrippaux: VaxigripTetra, administrable dès 6 mois et InfluvacTetra, administrable seulement à partir de 3 ans. Dans les deux cas, il est conseillé aux enfants de moins de 8 ans d'administrer le vaccin (de 0.5 ml) en deux doses pour une primovaccination. À partir de 9 ans, l'injection du rappel se fait en une dose, également de 0.5 ml.

Les personnes prioritaires peuvent se rendre directement chez leur pharmacien, en présentant le bon de prise en charge de l'Assurance maladie, leur assurant la gratuité du vaccin. En dehors de ces cas, le prix de vaccin varie entre 6,20€ et 11,13€ avec un remboursement par les mutuelles à hauteur de 65%.

• Le vaccin est-il obligatoire pour une catégorie de population?

C'est un débat qui a vivement agité la rentrée, en parallèle de la progressive hausse des contaminations de coronavirus. De nombreuses voix se sont élevées pour rendre obligatoire le vaccin contre la grippe pour les personnes de plus de 65 ans, ainsi que les soignants.

Ainsi, l'Académie de Médecine demandait de "rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour tous les soignants et les personnels sociaux en contact avec les personnes vulnérables, en particulier dans les Ehpad, les institutions, les hôpitaux et les crèches".

Pour autant, la Haute autorité de Santé (HAS) n'a pas changé de stratégie de vaccination. Actuellement, la vaccination contre la grippe n'est donc obligatoire pour personne et est seulement recommandée pour certaines populations. Elle n'est plus une obligation pour les professionnels de santé depuis 2006.

· Faut-il faire vacciner ses enfants?

L'Académie de Médecine, ainsi que sept sociétés savantes de pédiatrie, ont encouragé en septembre les parents à vacciner les enfants contre la grippe.

L'objectif était de "ne pas alourdir la charge de soins des structures sanitaires" et réduirent les risques de "suspecter une Covid-19", et donc de pratiquer des tests PCR "désagréables" car réalisé au fond du nez avec un écouvillon "et nécessairement répétitifs", expliquaient les praticiens.

À l'heure actuelle, la vaccination contre la grippe n'est pour autant recommandée qu'aux enfants de plus de six mois qui présentent une pathologie particulière, comme un asthme ou un diabète. La liste des maladies est disponible sur le site de vaccination-info-service. Pour les autres enfants qui ne présentent pas de "risque de complication", le vaccin n'est pas recommandé.

· Le risque de pénurie est-il réel?

Cet hiver, il risque d'y avoir une "co-circulation du virus grippal et du virus Sars-CoV-2", selon le ministère de la Santé. Les autorités sanitaires souhaitent éviter un afflux de patients atteints d'une forme grave de la grippe car le système de santé est déjà proche de la saturation et ont donc augmenté leur commande de vaccins, passant de 13 millions de doses, contre 11,5 l'an dernier, précise Francetvinfo.

Il y a "30% de doses de vaccins supplémentaires disponibles, par rapport aux 12 millions de doses consommées lors de la précédente campagne 2019-2020, via un approvisionnement continu auprès des laboratoires pharmaceutiques", souligne le ministère de la Santé, Santé publique France et l'Assurance maladie dans un communiqué.

Olivier Bogillot, président de Sanofi France, l'une des sociétés fournissant le vaccin, explique s'être préparé à l'avance à une éventuelle hausse de la demande:

"Nous avons anticipé assez vite que la concomitance entre la grippe saisonnière et le Covid-19 serait un problème. Nous avons aussi été contactés beaucoup plus tôt que lors d'une campagne de grippe classique par certains pays qui nous ont dit qu'ils auraient besoin de plus de doses", assure-t-il.

· Le vaccin est-il efficace contre le coronavirus?

Se faire vacciner contre la grippe ne protège pas d'une infection au Covid-19. Les deux infections ne sont pas liées.

En revanche, des co-infections, c'est-à-dire attraper en même temps le coronavirus et la grippe, ont été rapportées dans plusieurs pays. Le risque de morts a plus que doublé chez les personnes qui avaient le Covid-19 et également la grippe, selon des données anglaises, rapportée par la revue médicale BMJ.

Esther Paolini Journaliste BFMTV