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TOUT COMPRENDRE - Comment va se dérouler la vaccination chez les médecins généralistes dès ce jeudi?

Un vaccin de la firme AstraZeneca

Un vaccin de la firme AstraZeneca - Johan NILSSON / TT NEWS AGENCY / AFP

Près de 30.000 médecins de ville se sont portés volontaires afin d'accélérer la vaccination, en particulier chez les 50 à 64 ans.

C'est une nouvelle étape capitale dans le long processus que représente la vaccination en France. À partir de ce jeudi, les médecins généralistes qui se sont portés volontaires auprès du ministère de la Santé auront la possibilité de vacciner leurs patients, à des conditions très strictes, dans leur cabinet.

Pour l'heure, selon les chiffres officiels, plus de 3,6 millions de Français ont reçu au moins une injection contre le coronavirus à date du 19 février. L'objectif des autorités est de franchir la barre des 8 millions fin mars. Comment va s'organiser cette nouvelle phase? Êtes-vous concernés? On vous explique tout.

· Qui peut en bénéficier?

La vaccination est, à partir de ce jeudi, ouverte aux patients âgés de 50 à 64 ans qui sont atteints de comorbidités. Selon le Haut conseil à la santé publique (HCSP), ces dernières correspondent à des maladies cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, le diabète, les pathologies respiratoires chroniques, l’insuffisance rénale chronique dialysée, l’obésité et le cancer évolutif sous traitement.

Cette classe d'âge est visée car pour l'heure, les études sont trop parcellaires pour confirmer l'efficacité de l'immunité conférée aux plus de 65 ans par le vaccin AstraZeneca.

"Les données d’efficacité du vaccin d’AstraZeneca (…) présentent des résultats tout à fait satisfaisants qui vont de 62 à 70% d’efficacité. En raison du faible effectif de participants âgés de 65 ans et plus dans les essais, il n’est pas possible de conclure sur l’efficacité vaccinale dans cette population", soulignait la Haute autorité de Santé (HAS).

Malgré les différentes polémiques qui ont accompagné sa mise sur le marché, sur son efficacité ou ses effets secondaires, c'est le sérum produit par la firme AstraZeneca, et uniquement lui, qui sera utilisé par les médecins de ville. La raison est simple: sa méthode de conservation est bien moins restrictive que celles des vaccins Pfizer et Moderna, qui nécessitent un équipement adéquat de refrigération.

Ici, le flacon peut-être conservé à une température de 2 à 8 degrés. Les médecins bénéficieront tout d'abord d'un seul flacon contenant six doses, à utiliser dans les six heures après ouverture s'il est conservé à température ambiante. Au total, AstraZeneca a livré 700.000 doses à la France le 17 février dernier.

"Chaque médecin disposera de 2 ou 3 flacons maximum pour la deuxième livraison (semaine du 1er mars) en fonction de la consommation et du nombre de doses livrées. (...) Les volumes disponibles augmenteront très progressivement à compter du mois de mars, dans des proportions encore à préciser, précisait le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon dans une note diffusée plus tôt dans le mois.

• Ce vaccin est-il vraiment efficace et sûr?

Le vaccin produit par AstraZeneca fait l'objet de nombreuses critiques. Pour son efficacité d'abord: il est moins efficace que les vaccins Pfizer et Moderna (70% contre plus de 90%).

"La protection à l’égard des formes sévères est vraiment très bonne. Donc ce n’est pas un vaccin au rabais, c’est un bon vaccin", défendait Alain Fischer, le Monsieur Vaccin du gouvernement, le 15 février sur BFMTV. "Nous sommes gâtés, avec deux vaccins dont le niveau d’efficacité est à plus de 90%, mais cela reste un bon vaccin et il faut l’utiliser, y compris pour les personnes âgées de moins de 65 ans avec des comorbidités, cela les protégera."

Par ailleurs, des effets secondaires - tempérés par les autorités sanitaires - ont été notés auprès des professionels de santé qui ont bénéficié jusque là du vaccin. Ces effets secondaires, décrits par l'Agence du médicament (ANSM) comme "syndromes pseudo-grippaux souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, maux de tête)". Les 363 cas déclarés au total au 16 février concernaient des personnes "très majoritairement âgées de moins de 50 ans (âge moyen de 31 ans)".

Face aux inquiétudes, le ministère de la Santé a appelé ce mardi à "réhabiliter" le vaccin. Ces effets secondaires "ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque du vaccin", insiste l'ANSM, qui dans une fiche à destination des patients rappelent que la plupart de ceux observés jusqu'à ce jour sont connus et fréquents et "disparaissent généralement spontanément quelques jours après la vaccination".

· Tous les médecins peuvent-ils vacciner?

Vous ne pourrez pas forcément vous faire vacciner chez votre praticien habituel. Comme l'avait évoqué le ministre de la Santé Olivier Véran, près de 30.000 médecins se sont portés volontaires afin de vacciner leurs patients, un chiffre qui correspond à seulement un peu plus de la moitié des médecins de ville, souligne La Croix.

Selon le quotidien, ce chiffre surprenant mais pourtant au-delà des espérances des autorités s'explique par la crainte du manque de volontaires ainsi que la peur d'éventuels effets secondaires. De plus, le manque de temps pour s'organiser a également été un facteur décisif.

"On demandait à ces médecins de s’organiser en trois jours, c’est une logistique pas évidente pour eux", reconnaissait Olivier Véran.

Pour les patients qui répondent aux critères fixés, il est possible de prendre rendez-vous auprès de son médecin généraliste par les canaux classiques: Doctolib, Allodocteur, etc... Il est également possible de prendre directement contact avec son cabinet.

Avec cette stratégie vaccinale, il est également possible pour les médecins, qui connaissent bien leurs patients, de prioriser lesquels devraient avoir accès au sérum au plus vite. Une fois la piqûre faite, les informations seront rentrées dans un système d'information, Vaccin Covid, géré par l'Assurance maladie.

Afin de s’assurer du bon respect de l’intervalle entre les deux doses du vaccin, les deux rendez-vous d’injection devront être pris simultanément. Il faudra compter une dizaine de minutes de consultation par rendez-vous, avec une surveillance d’un quart d’heure après l’injection pour faire face à toute réaction allergique.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV