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Sida: trois porteurs sur cinq ont maintenant accès aux traitements

Un test de dépistage du VIH (ILLUSTRATION)

Un test de dépistage du VIH (ILLUSTRATION) - CLAUDIO REYES / AFP

Les avancées continuent dans le traitement de l'épidémie, mais l'ONUSIDA, organisme chargé de la lutte contre le VIH, alerte sur la nécessité de renforcer les efforts internationaux afin de faciliter son action.

Un rapport de l'ONUSIDA, instance de l'ONU chargée de la lutte contre le sida, publié mercredi met en avant le chiffre de trois séropositifs sur cinq dans le monde prenant des traitements antirétroviraux. Dans un communiqué publié le même jour, elle entend toutefois envoyer "aux pays du monde entier une alerte solennelle" quant à l'état "fragile" de la situation dans laquelle se trouve la lutte contre le virus de l'immuno-déficience humaine (VIH).

Dans son rapport, dévoilé à Paris le 18 juillet, l'organisation dévoile les statistiques de l'épidémie pour l'année 2017: près de 37 millions de personnes vivant avec le VIH, soit 600.000 de plus que l'année précédente. Sur ce nombre, 21,7 millions avaient accès à un traitement antirétroviral, chiffre en hausse de plus de deux millions par rapport à 2016.

De fortes disparités régionales

Chiffres marquant de ce rapport, les écarts importants qui demeurent dans tous les aspects de l'épidémie suivant la région concernée. Par exemple dans l'accès aux traitements: en Europe occidentale et centrale ainsi qu'en Amérique du Nord, près de 80% des malades y ont accès, contre seulement 29% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Interrogé par l'Agence France Presse, Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA explique que "certains pays continuent à nous inquiéter, comme le Nigeria, qui représente à lui seul environ la moitié de toutes les nouvelles infections d'Afrique de l'Ouest".

Ralentissement des progrès concernant les enfants

Enjeu majeur de la lutte contre le VIH, la contamination des enfants, ainsi que le traitement de ces derniers. En 2017, le nombre de nouvelles infections concernant les 0-14 ans est resté stable par rapport à l'année précédente, avec 180.000 nouveaux cas. Concernant les traitements, seulement la moitié des enfants contaminés y ont eu accès, chiffre que Michel Sidibé qualifie d'"inadmissible".

Les "populations clés" toujours au cœur de l'épidémie

Dans son communiqué, l'ONUSIDA rappelle que le risque de contracter le VIH est "13 fois plus élevé chez les travailleuse du sexe, 27 fois plus élevé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, 23 fois plus élevé chez les utilisateurs de drogues injectables et 12 fois plus élevé chez les femmes transgenre".

L'organisation ajoute que la discrimination empêche "les jeunes, les personnes séropositives et les populations clés" d'avoir un accès efficace à la prévention et aux traitements dans de nombreux pays du monde.

Appel à la communauté internationale

"Il manque 7 milliards de dollars par an pour nous permettre de maintenir nos résultats" évoque Michel Sidibé, qui craint "que la diminution des contributions des bailleurs internationaux n'entraîne une diminution des investissements internes des pays touchés", alors qu'"au moins 44 pays dépendent à 75% de l'aide internationale pour combattre l'épidémie"

Cité par le communiqué, il ajoute qu'"il incombe aux dirigeants politiques" et à la "communauté internationale de faire les investissements financiers nécessaires", afin de permettre à l'organisation d'atteindre ses "objectifs 2020"

L.D., avec AFP