BFMTV

Sans vaccin, Juvin prédit "un à dix épisodes" de confinement d'ici à mars 2022

Invité de Ruth Elkrief, le rendez-vous le chef des urgences à l'hôpital Pompidou estime que le vaccin est la meilleure solution pour sortir de la crise sanitaire, mais que sa distribution nécessite des précautions.

"Réfléchir en dehors des clous." Là est ce que l'exécutif ne fait pas suffisamment face à la pandémie de Covid-19 selon le professeur Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital Pompidou et maire Les Républicains de la Garenne-Colombes. D'après lui, le gouvernement "a mal agi avec les théâtres", dont le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi le maintien de la fermeture après le 15 décembre, avec d'autres lieux culturels recevant du public.

"J'aurais proposé (...) qu'on puisse tester massivement à l’entrée de tous les endroits publics. (...) Maintenant on a des tests antigéniques (...) et au bout de dix minutes on sait si vous êtes positif ou négatif. (...) Ça permet de resserrer les mailles du filet", juge-t-il. 

"Le vaccin est la seule solution"

L'exécutif manque de stratégie selon Philippe Juvin, qui fait la distinction entre les discothèques, où le public bouge et se touche beaucoup, et les lieux de culture comme les théâtres où les gens sont assis. "Quand la décrue sera perceptible, je pense qu'il faut qu'on ait une attitude beaucoup plus originale sur des tas de sujets", affirme l'édile LR. Sur les vaccins, l'urgentiste défend une ligne claire, s'appuyant sur les études épidémiologiques britanniques.

"S’il n’y a pas de vaccin, (...) si personne ne se faisait vacciner, il faudrait imaginer qu'entre maintenant et, tenez-vous bien, mars 2022, on ait (...) un à dix épisodes de confinement/reconfinement", prévient-il.

Pour lui, pas de doute, le vaccin "est la seule solution pour s'en sortir" et pour permettre de choisir "entre la liberté et la santé". Quand bien même le vaccin comporte des inconnues, ce qui paraît normal à Philippe Juvin, mais qui induit d'importantes précautions stratégiques dans sa distribution.

"Si nous, nous vous disons à tous, 'faites-vous vacciner tout de suite' sans recul et qu’il y a un accident grave (...) on met fin à la vaccination pour les cinquante prochaines années, parce que plus personne n’aura confiance en nous", observe-t-il.

"Liberté de choisir"

Afin de nuancer, le médecin explique que "la science, ce n'est pas l'omniscience". "Nous ne savons pas tout, la preuve, je suis en train de vous dire qu'on a un recul de deux mois, je ne sais pas ce qu'il va se passer dans six mois. Et (...) l'homme politique choisit sur d'autres données que la science", développe-t-il.

Philippe Juvin estime néanmoins que quelqu'un qui "est très à risque de faire une forme très grave et de mourir du Covid entre maintenant et le jour où le vaccin qu'on attend arrive, a peut-être intérêt à se faire vacciner dès maintenant avec un vaccin ARN messager".

Il conseille toutefois aux jeunes d'attendre plus tard. "Les Français, c'est bien qu'ils aient la liberté de choisir de se faire vacciner ou pas, (...) de choisir tel vaccin ou tel autre. Et ce que je voudrais c'est qu’ils choisissent, non pas dans le doute ou sur le scepticisme, mais (...) sur des arguments scientifiques", dit-il.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV