BFMTV

Rentrée scolaire: qui va payer les masques obligatoires pour les plus de 11 ans ?

A partir du 1er septembre, le masque sera obligatoire dans les espaces clos pour les tous les élèves de collège et lycée. Un coût important qui s'ajoute à la liste des fournitures scolaires.

Le retour sur les bancs de l’école se fera masqué. En plus des stylos, règles, cahiers et tubes de colle, les parents devront compter les masques sur la liste des fournitures scolaires. Jeudi soir sur France 2, Jean-Michel Blanquer a annoncé que "le port du masque sera(it) systématique pour les enfants de plus de 11 ans, et pas seulement quand il n'y a pas de distance physique, dans les espaces clos".

"Ça va dans le bon sens, celui de la sécurisation de la rentrée de la protection des élèves et des personnels", a salué auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

Une dépense à la charge des parents

Mais qui doit assurer les frais engendrés par ces masques? Car le coût n’est pas négligeable: selon les estimations du Parisien, "le budget pour une famille de quatre personnes avec deux enfants de plus de 11 ans s'élève à 96 euros par mois pour des modèles lavables et à 228 euros pour des masques à usage unique".

Cette charge importante doit, selon les syndicats, être supportée par l’Etat. "Il faut aller au bout de la logique et les fournir gratuitement aux élèves", soutient Sophie Vénétitay.

"Il est évident qu'en France le masque doit être pris en charge par la puissance publique dans les écoles, comme il l'est dans les entreprises par les employeurs, sinon on organise l'inégalité", abonde Rodrigo Arenas, co-président de la fédération de parents d'élèves FCPE.

Mais sur son site internet, le ministère de l’Education indique qu’il "appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants".

"Si vous avez un masque et que vous le lavez régulièrement, ce n'est pas un coût gigantesque", a lancé Jean-Michel Blanquer vendredi, en visite dans une école de l'Oise.

Exception pour les familles "en grande difficulté"

Le ministère précise toutefois qu’il dotera "chaque collège et lycée en masques 'grand public' afin qu’ils puissent être fournis aux élèves qui n’en disposeraient pas". De plus, le masque pourra être fourni gratuitement aux familles rencontrant des difficultés financières, a indiqué Jean-Michel Blaquer.

"Si des familles sont en grande difficulté, nous sommes en situation de fournir des masques aux élèves qui en ont le plus besoin", a-t-il déclaré, rappelant que l'allocation de rentrée scolaire pour les foyers les plus modestes avait été majorée de 100 euros cette année.

Mais ces aides ne règlent pas tout, alors certaines collectivités territoriales ont annoncé qu’elles fourniraient gratuitement des masques à leurs élèves. C’est le cas notamment de l’Île-de-France, comme le souligne Ouest-France. La région a fait savoir qu’elle distribuerait à la rentrée deux masques lavables à 500.000 lycéens. La région occitanie s’est également engagée à distribuer "gratuitement deux masques textiles lavables à chaque lycéen, renouvelables en fonction du besoin et de la situation sanitaire".

Le département de Seine-Saint-Denis prend aussi les devants en optant pour une distribution de masques à tous les collégiens. "Puisque le masque est obligatoire à partir de 11 ans, nous allons faire en sorte que chacun dispose d'un masque quelle que soit sa situation", explique ce samedi matin sur notre antenne Stéphane Troussel, président du département.

Et de poursuivre: "L'école est gratuite, laïque et obligatoire. Le ministre rend le masque obligatoire pour les élèves de plus de 11 ans. La conséquence logique est que les masques soient fournis aux élèves comme aux enseignants."

"Discrimination sanitaire"

Depuis plusieurs jours, la classe politique s’élève elle aussi pour réclamer la gratuité du masque pour tous afin de ne pas générer de discriminations envers les personnes en situation précaire.

"Généraliser, ça veut aussi dire faire en sorte que tout le monde puisse y avoir accès. Le coût du masque, c'est un coût important", a commenté sur LCI Manuel Bompard, chef de délégation LFI au Parlement européen.

De l'autre côté de l'échiquier politique, au Rassemblement National, on demande aussi cette gratuité pour tous, par la voix de Laurent Jacobelli, porte-parole du parti. Selon lui, "le gouvernement a pris la décision plutôt sage de répandre l’utilisation du masque dans les lieux confinés" mais "il faut éclaircir la doctrine" et "que ces masques soient gratuits pour la population française", estime-t-il sur France Info. "On ne peut pas avoir une discrimination sanitaire entre les foyers qui peuvent se payer des masques et être protégés et ceux qui ne peuvent pas."

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV