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Que se passe-t-il en Lozère, où l'incidence est désormais la plus élevée des départements métropolitains?

Image d'illustration - un assistant médical manipule un test Covid-19 à Le-Péage-en-Roussillon, dans le centre-Est de la France, le 22 septembre 2020.

Image d'illustration - un assistant médical manipule un test Covid-19 à Le-Péage-en-Roussillon, dans le centre-Est de la France, le 22 septembre 2020. - JEFF PACHOUD © 2019 AFP

Le taux d'incidence a augmenté de 271,4% en sept jours dans ce département, ce qui pourrait entraîner le retour de mesures de restrictions pour éviter une vague d'épidémie de Covid-19.

"En Lozère, la situation sanitaire se dégrade de manière rapide", écrit mardi dans un communiqué la préfecture de Lozère, pointant du doigt l'augmentation du taux d'incidence, qui mesure la circulation du Covid-19 sur une zone. Le port du masque y redevient donc "obligatoire dans les établissements recevant du public soumis au pass sanitaire". Le retour du masque à l'école primaire est également étudié.

Avec un taux d'incidence de 102,2 pour 100.000 habitants sur une semaine (au 8 octobre), ce département affiche en effet le niveau le plus élevé de la métropole.

L'alerte sur ce territoire vient également de l'augmentation rapide du taux d'incidence: il n'était que de 64,2 le 5 octobre, de 27,5 le 1er. En sept jours, cet indicateur a donc connu une augmentation de 271,4%.

Au niveau national, le taux d'incidence a pourtant baissé pendant cette période, passant de 49,7 le 1er octobre à 43,1 le 8. Dans les départements autour de la Lozère, les taux d'incidence tournent autour de 30 avec un minimum de 9,1 dans le Cantal, et un maximum de 66,1 en Ardèche.

Clusters et contexte démographique

Cette forte et rapide augmentation pourrait être due à l'apparition de clusters. Dans un point daté du 8 octobre, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie déclare en effet avoir enregistré "des situations locales de clusters qui appellent immédiatement des mesures sanitaires appropriées pour rompre les chaînes de contamination le plus rapidement possible", sans toutefois citer la Lozère.

Mathieu Pardell, directeur de l'ARS Lozère, évoque auprès de France Bleu "deux clusters" dans le département. Il souligne au passage que l'augmentation rapide du taux d'incidence sur ce territoire peut aussi être due au contexte démographique. Avec environ 76.000 habitants, "un taux de 100, ça nous fait entre 80 et 90 cas sur le département", explique-t-il. Rapporté à la faible population, chaque cas entraîne rapidement une hausse des indicateurs de l'épidémie.

Ainsi, si le taux d'incidence est particulièrement élevé en Lozère, les hospitalisations pour Covid-19 sont au plus bas avec une seule personne en cours d'hospitalisation, et personne en réanimation, selon le dernier bulletin de l'ARS. Ces chiffres sont, de loin, les plus bas de la région.

Chiffres des hospitalisations et réanimations pour cas de Covid-19 dans la région Occitanie au 8 octobre 2021
Chiffres des hospitalisations et réanimations pour cas de Covid-19 dans la région Occitanie au 8 octobre 2021 © ARS Occitanie

"Analyser les causes de cette flambée épidémique"

Mathieu Pardell ne balaye toutefois pas l'inquiétude quant à la situation actuelle. La couverture vaccinale est ainsi plus faible que la moyenne nationale sur ce territoire, avec 70% de primo-vaccinés, et 68,9% de personnes présentant un schéma vaccinal complet. Au niveau national, ces chiffres sont de 75,5% et de 73,3%.

D'autre part, l'ARS souligne que les indicateurs de l'épidémie continuent leur hausse.

"Malgré  des clusters dans les établissements scolaires, on a une augmentation de plus de 500% pour le taux d'incidence pour les 45/65 ans, qui n'est pas liée à ces clusters-là", explique Mathieu Pardell, "il va nous falloir encore quelques jours pour analyser les causes de cette flambée épidémique".

La préfecture et l'ARS appellent la population à respecter les gestes barrières et à se faire vacciner, rappelant qu'en cas de "dégradation des indicateurs, d'autres mesures pourront être mises en place".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV