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Écoles primaires: le ministère de l'Éducation va tester de nouveaux protocoles sanitaires

Le ministère a confirmé réfléchir à tester certaines écoles toutes les semaines, mais aussi à ne plus isoler que les élèves positifs, afin de limiter les fermetures de classes.

Alors que les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 continuent de baisser plus de trois semaines après la rentrée scolaire, le ministère de l'Éducation réfléchit à un nouveau protocole sanitaire pour les élèves, comme l'a confirmé le ministre Jean-Michel Blanquer sur France Info ce mardi.

"L'expérimentation consiste, à chaque fois qu'il y a un cas positif, à tester toute la classe et à ne renvoyer à la maison que ceux qui sont positifs", a détaillé le ministre de l'Éducation.

Pas d'isolement pour les élèves négatifs

Si un enfant est testé négatif, il continuera ainsi à suivre les cours normalement, ce qui limitera les fermetures de classes. Actuellement, une classe est fermée dès qu'un cas positif est détecté.

Cette expérimentation aura lieu dans une "dizaine" de départements, "probablement dès le début de la semaine prochaine". Les départements concernés ne seront pas forcément ceux où le virus circulera le moins, "on le fait dans des départements variés pour pouvoir comparer", a indiqué Jean-Michel Blanquer.

C'est ce protocole qu'avaient recommandé le Conseil scientifique et le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) dans un avis du 13 septembre (non-publié), afin de limiter les fermetures de classes.

Les tests suivront-ils?

Selon des informations de BFMTV, une autre expérimentation concerna la mise en place de tests toutes les semaines sur un panel d'écoles qui n'a pas été détaillé.

Toute la difficulté de ces projets consistera à trouver des laboratoires réactifs, pouvant rendre des résultats en moins de 24 heures, ce qui est rarement le cas aujourd'hui pour les tests salivaires. Il faudra aussi que ces laboratoires puissent revenir dans les 48 heures pour tester de potentiels nouveaux cas, indétectables deux jours plus tôt.

Reste à savoir si la France possède la logistique suffisante pour mettre en place ces protocoles. Le ministère de l'Éducation poursuit ainsi un objectif de 600.000 tests salivaires par semaine dans les écoles, mais n'en est pour l'instant qu'à la moitié. "Même aux pires moments du Covid-19, le gouvernement est toujours resté très éloigné de ce chiffre", avait expliqué à BFMTV.com le vice-président du syndicat des biologistes François Blanchecotte.

Les parents accepteront-ils de tester?

D'autre part, les syndicats ont aussi souligné la difficulté d'appliquer ce protocole si tous les parents ne jouent pas le jeu. Que se passera-t-il pour les enfants dont les parents refuseraient le test? Actuellement on dépasse à peine les 50 % d'acceptation lors des tests salivaires: selon les derniers chiffres, pour 297.309 tests proposés, 159.828 ont été effectués.

"Au niveau de l'Académie, les derniers chiffres qu'on avait c'était un peu plus de la moitié des parents qui avaient donné leur consentement. Le premier obstacle au consentement des familles, c'est qu'il n'est expliqué nulle part à quoi servent ces tests salivaires", explique à BFMTV Elisabeth Kutas, secrétaire départementale du syndicat enseignant SNUIPP-FSU à Paris.

"Dans quelle mesure peut-on savoir si le virus circule activement ou pas dans une école quand on n'a seulement une très faible population d'élèves qui a été testée?"

Jean-Michel Blanquer a annoncé ce mardi sur France Info que "l'épidémie est sur une courbe baissière, on est descendu en dessous de 2000 classes fermées".

Véronique Fèvre avec Salomé Vincendon