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Protocole sanitaire: de nombreux syndicats d'enseignants appellent à la grève dans les établissements scolaires jeudi 13 janvier

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Fred Tanneau - AFP

Après l'appel à la grève nationale des enseignants des écoles primaires lancé ce vendredi par le syndicat des professeurs SNUipp-FSU pour protester contre le protocole sanitaire actuellement en vigueur, de nombreux autres syndicats ont annoncé rejoindre le mouvement.

La grande majorité des syndicats d'enseignants ont appelé ce vendredi à la grève nationale jeudi 13 janvier dans les écoles, collèges et lycées, dénonçant "une pagaille indescriptible" dans les établissements en raison de l'épidémie de Covid-19. Une réunion en intersyndicale des syndicats de l'enseignement est prévue à 17 heures.

C'est le Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des Écoles - ou SNUipp - FSU - qui a publié le premier un communiqué dans lequel il appellait l'ensemble des enseignants d'écoles primaires à une journée de grève nationale jeudi 13 janvier prochain. Il s'agit là d'exiger un protocole sanitaire revu et corrigé dans ces établissements où les cas explosent.

Leurs revendications reposent autour d'un mot d'ordre "Pour une école sécure sous Omicron" et de trois points essentiels: le retour de la règle "un cas positif = fermeture de la classe" ; l’isolement des cas contacts intra-familiaux ; et une politique de tests préventifs hebdomadaires salivaires systématiques.

Dans la foulée, un deuxième syndicat, le SE-Unsa, a appelé les enseignants, CPE, Psyen, AESh et AED à se mettre en grève dans les écoles mais aussi dans les collèges et lycées jeudi prochain. Il dénonce notamment des protocoles "irréalisables" et changeant de jour en jour.

Dans le courant de la journée, les syndicats Snes-FSU, Snalc, CGT Educ'action, Sud Education et FO ont également annoncé rejoindre cet appel à la grève nationale.

L'assouplissement déjà contesté

Cet appel retentit alors que le ministère de l'Education vient d'assouplir le protocole sanitaire s'imposant au système éducatif français - notamment le cycle de trois tests à réaliser pour les élèves d'une classe où s'est déclaré un cas positif.

L'isolement des cas contacts issus d'une contagion à l'intérieur de la famille figure aussi au nombre des correctifs apportés par la rue de Grenelle. La nouvelle consigne du ministère - comme on peut le constater sur le site dédié - stipule désormais:

"Une quarantaine de 7 jours à compter de la survenue du cas doit être respectée et un test antigénique ou PCR doit être réalisé à l’issue de cette quarantaine sauf si l’élève a moins de 12 ans ou qu’il bénéfice d’un schéma vaccinal complet. Dans ce cas de figure, l’élève réalise immédiatement un test antigénique et PCR puis des autotests à J2 et J4 et poursuit les apprentissages si les résultats sont négatifs".

"Le ministre clame maintenir les écoles ouvertes mais le choix politique du gouvernement est bien d’assurer l’accueil des élèves, pour permettre aux parents d’aller travailler, au dépens de la santé des personnels, de celle des enfants, de leurs familles", dénonce le SNUipp dans son communiqué.

"Sur le terrain la réalité est bien toute autre, les directeurs, directrices et les enseignants enseignantes ne peuvent plus exercer correctement leurs missions d'enseignement", ajoute le syndicat.

Des masques chirurgicaux dès maintenant

Outre ces mesures, le SNUipp-FSU demande également l'équipement immédiat des personnels de l'Education nationale en masques chirurgicaux voire en FFP2. Jeudi, sur BFMTV, le Premier ministre Jean Castex a promis des masques chirurgicaux pour tous les enseignants, mais à la fin du mois de janvier.

Le syndicat sollicite aussi la livraison de capteurs de CO2 et un élargissement du recrutement de remplaçants afin de pallier les absences qui se multiplient parmi les enseignants. Au sein du personnel éducatif, on déplore en effet 5631 infectés d'après les derniers chiffres publiés par le ministère. Une statistique qui s'additionne aux plus de 47.000 cas positifs parmi les élèves au cours des quatre derniers jours.

9202 classes ont par ailleurs dû être fermées et 28 établissements, dont 20 écoles primaires, sont purement et simplement en arrêt en raison de la circulation de la pandémie.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV