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Ecoles: devant l'avalanche de cas et le casse-tête du dépistage, le protocole sanitaire assoupli

Un personnel sans cesse au contact d'un jeune public très peu vacciné - où le respect des gestes barrières est difficile - et les contaminations par le Covid-19 pleuvent dans les écoles. Avec elles, la nécessité de dépister toute la classe de l'infecté et ce, via trois tests. Un parcours intenable que l'Education nationale cherche désormais à assouplir.

Il aura tenu 4 jours. Ce jeudi, le ministère a décidé d'alléger le protocole sanitaire scolaire: il ne sera finalement pas nécessaire de réenclencher un cycle de test pour les enfants cas contacts si un nouvel élève de la classe se déclare positif dans la même semaine que l'infection originelle.

Jusqu'ici, chaque nouvelle infection réenclenchait un cycle de dépistage en trois temps pour chaque élève de la classe: le jour de la mauvaise nouvelle par test PCR ou antigénique, puis par autotests à J+2 et J+4. Un protocole qui pouvait prendre la forme d'une histoire sans fin, avec un retour à la case départ à chaque nouveau cas. L'allègement est ainsi détaillé dans la Foire aux questions actualisée sur le site du ministère:

"Le cycle de dépistage ne redémarre que si le second cas confirmé a eu des contacts avec les autres élèves après un délai de 7 jours suite à l’identification du premier cas."

On efface en revanche l'ardoise pour repartir de zéro à compter de la semaine suivante.

Autre souci que l'évolution du protocole tâchera d'ôter de la tête des parents: la nature du test à J+2 et J+4. Sur le papier, l'autotest a l'avantage sur les techniques de dépistages alternatives de pouvoir être pratiqué au domicile... sauf que les pharmacies ne sont pas toujours en mesure de répondre à la demande.

Aussi, la rue de Grenelle élargit la palette du choix proposé, ouvrant la "possibilité de recourir à des tests antigéniques en cas d’indisponibilité temporaire des autotests en pharmacie".

Une rentrée sous le signe des tests à répétition

Un adoucissement qui ressemble à un impératif: en quatre jours - les quatre qui nous séparent de la rentrée scolaire au retour des vacances de Noël - on a déjà comptabilisé 47.453 contaminations par le Covid-19 parmi les élèves français. Une statistique qui se traduit par la fermeture de 9202 classes. Enfin, 20 écoles, six collèges et deux lycées sont au point mort. Et ces chiffres, révélés dans le point édité jeudi soir par le ministère de l'Education nationale, ne disent encore rien du lot de contacts qu'ils entraînent. Or,

Un cycle intenable selon parents et encadrements que le ministère cherche désormais à assouplir en apportant des correctifs au protocole sanitaire en vigueur dans les établissements depuis lundi.

L'intensité de la circulation du virus parmi les plus jeunes et son effet sur le fonctionnement de tout le système d'enseignement promettent d'autant moins de s'amenuiser que le plus jeune public est encore très peu vacciné. D'après les chiffres de Santé Publique France disponibles ce vendredi, on ne dénombre que 0,7% de (primo)vaccinés chez les 5-9 ans, 1,9% parmi les 10-11 ans auxquels on ajoute 1,2% de schémas complets. Il faut dire que cette tranche d'âge n'est éligible à la piqûre que depuis le 22 décembre.

De surcroît, cette campagne au rythme pianissimo doit désormais s'accommoder d'un nouveau critère: pour injecter une dose à un enfant de cet âge, il conviendra dorénavant d'obtenir l'assentiment des deux parents et non plus d'un seul. Chez les adolescents, où le virus va aussi son train, la situation est meilleure, avec 78,4% de schémas vaccinaux complets au sein des 12-17 ans.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV