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Pass vaccinal: le tweet de Bruno Retailleau qui a fait capoter l'accord entre députés et sénateurs

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau lors de l'université d'été des Républicains à lLa Baule, le 28 août 2021

Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau lors de l'université d'été des Républicains à lLa Baule, le 28 août 2021 - Sebastien SALOM-GOMIS © 2019 AFP

Alors que députés et sénateurs étaient sur le point de trouver un accord sur le projet de loi instaurant le pass vaccinal jeudi soir, un tweet du patron des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a tout chamboulé.

Nouveau rebondissement dans le parcours déjà chaotique du projet de loi instaurant le pass vaccinal. Un tweet de Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a fait capoter l'accord proche entre députés et sénateurs sur ce texte qui déchaîne les passions à trois mois de la présidentielle.

Alors que le Sénat avait voté dans la nuit une version sensiblement modifiée du texte, députés et sénateurs se sont réunis en début d'après-midi au Palais Bourbon, pour tenter de s'accorder sur une version commune du texte en commission mixte paritaire (CMP).

"N'en déplaise à Emmanuel Macron"

Après quatre heures de réunion, rythmées par plusieurs suspensions et conciliabules, les élus des deux chambres paraissaient sur le point de toper. C'est le moment qu'a choisi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui était à distance, pour tweeter que cette commission mixte avait "donné raison au Sénat" dominé par la droite, dans une "victoire du bon sens".

"Le pass est destiné à protéger les Français et à rien d'autre... n'en déplaise à Emmanuel Macron", a-t-il ajouté.

Un tweet qui a provoqué l'ire des députés de la majorité.

"Nous travaillons non pas pour gagner ou perdre mais (bien) pour protéger les Français", lui a rétorqué la présidente de la commission des Lois de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet (LaREM).

Ce tweet est "une atteinte intolérable aux institutions" et au fonctionnement des commissions mixtes qui se tiennent à huis clos, a-t-elle dénoncé devant la presse, en actant "l'échec" de cette CMP.

Le rapporteur LR du Sénat, Philippe Bas a alors indiqué souhaiter la reprise de la réunion, déplorant une "réaction excessive" de la majorité. En vain. "Aucun prétexte de forme ne peut justifier devant les Français la remise en cause d'un accord de fond", a estimé Bruno Retailleau dans une interview accordée à France Info jeudi, regrettant que "sans doute, le tweet est parti trop vite."

Avant de conclure: "Je ne regrette rien. C'est totalement disproportionné."

"Un prétexte pour faire échouer cette CMP"

Le député LR Ian Boucard, membre de la commission, a reconnu un tweet "malheureux et non avenu" mais selon lui, "la majorité cherchait un prétexte par tous les moyens pour faire échouer cette CMP". Ils "ont sauté sur l'occasion pour nous ringardiser", a renchéri un sénateur LR. Et la majorité présidentielle de pouvoir pointer une forme d'irresponsabilité de la droite.

"Les sénateurs n'ont pas arrêté de changer de jambe. Pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas de colonne vertébrale dans l'analyse du pass", a critiqué Laetitia Avia (LaREM). Interrogé sur le tweet de Bruno Retailleau, un ministre a déclaré:

"Je pense que c'est de l'amateurisme mais maintenant ils vont nous faire la guerre".

Les députés devaient désormais remettre l'ouvrage sur le métier vendredi après-midi dans l'hémicycle. Après une nouvelle lecture à la chambre haute, probablement samedi, c'est l'Assemblée qui aura le dernier mot, durant le week-end ou en début de semaine.

N.J avec AFP