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Les poussières de plomb dans l'atmosphère sont bien nocives, surtout pour les enfants

Une opération de dépollution au plomb dans une école à Paris.

Une opération de dépollution au plomb dans une école à Paris. - BFM Paris

Comme lors de l'incendie de Notre-Dame, les poussières de plomb émises dans l'atmosphère présentent un risque, selon un rapport de l'Anses publié ce vendredi. Les enfants sont l'une des populations les plus à risque, alerte l'Agence sanitaire.

Les poussières de plomb émises dans l'atmosphère, comme lors de l'incendie de Notre-Dame, sont bien une source potentielle de contamination, en particulier pour les enfants, alerte un rapport de l'Anses publié ce vendredi. L'Agence sanitaire ajoute qu'il est toutefois difficile de quantifier cette exposition à l'heure actuelle.

L'impact des activités industrielles sur la plombémie

Incinération des déchets, combustion du charbon, métallurgie... Un certain nombre d'activités industrielles rejettent du plomb dans l'air, ce métal lourd toxique contaminant alors des particules qui se déposent ensuite sur les trottoirs, les routes ou dans les cours d'écoles.

Il existe très peu d'études, en France ou ailleurs, mais les données disponibles montrent qu'"il est pertinent de considérer les poussières déposées sur les surfaces d'espaces publics extérieurs comme source d'exposition", selon l'Agence, qui juge que la contamination de ces surfaces peut avoir un impact sur le taux de plomb dans le sang (plombémie).

Généralement, les principales sources connues d'exposition au plomb sont l'eau, l'alimentation, ou la peinture au plomb dans les vieux immeubles. Des règles existent aussi pour les sols pollués, ou l'alimentation, mais "pas pour ces poussières" qui se déposent sur les routes ou les aires de jeux, explique Guillaume Boulanger, spécialiste des risques liés à l'air à l'ANSES. 

Les enfants, population à risque

"On a du mal à quantifier cette exposition, à dire si c'est plus ou moins important que les autres sources d'exposition", précise Guillaume Boulanger. Malgré ce manque de données, le rapport identifie des populations à risque, en premier lieu les jeunes enfants. Leur métabolisme absorbe plus facilement ce produit qui, chez eux, peut être toxique même à faible dose.

"Les enfants qui passent du temps dans une aire de jeu mettent leurs mains par terre puis dans la bouche, ont une concentration en plombémie plus élevées que les enfants qui jouent dans des airs de jeu non contaminées", indique Guillaume Boulanger sur BFMTV. 

Mise en danger de la vie d'autrui ?

C'est d'ailleurs ce qui s'est produit sur plus de 1000 enfants après l'incendie de Notre-Dame. Le 15 avril 2019, lorsque l'incendie a ravagé la cathédrale, les flammes ont fait fondre 300 tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et la toiture.

"Ce qui est dommage et préjudiciable pour la santé publique, c'est qu'une partie du parvis était ouvert entre le 15 mai et le 15 août. Maintenant elle est fermée, mais cela n'empêche qu'il y a eu une mise en danger de la vie d'autrui pendant trois mois de tous les passants", déplore à notre antenne Jacky Bonnemains, président de l'association Robin des Bois. 

Lorsqu'une situation à risque est repérée, il faut mettre en place des "gestes de prévention", comme se laver souvent les mains ou se déchausser avant de rentrer chez soi. En outre, la plombémie de l'enfant "doit être mesurée", recommande l'Anses.

"Nous sommes évidemment partisans de repérer les niches à plombs, afin de les décontaminer et de mieux surveiller les jardins publics, les squares et les écoles", abonde Jacky Bonnemains.

Suivi médical renforcé des travailleurs exposés 

L'Anses insiste également sur la nécessité de protéger les travailleurs exposés aux poussières extérieures contaminées, en mesurant leur plombémie. Elle préconise pour eux la mise en place d'"un suivi médical renforcé" si les valeurs biologiques de référence pour les adultes sont dépassées, valeurs qui devraient d'ailleurs être largement abaissées, estime-t-elle.

Après la "crise" de 2019, "nous sommes toujours en veille active sur ce sujet", assure à l'Agence France Presse le directeur de l'ANSE Aurélien Rousseau.
Esther Paolini avec AFP