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Les erreurs médicales ont coûté très cher aux chirurgiens en 2016

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Les sinistres augmentent légèrement en 2016, selon les déclarations parvenues à l’assureur MASCF Le Sou Médical, mais sont de plus en plus réglés à l’amiable. Les patients ont surtout attaqué en justice leurs chirurgiens. Ces procès ont coûté à la profession 5,1 millions d’euros au total.

En médecine, le risque zéro n’existe pas. En 2016, 4.662 praticiens ont déclaré un sinistre, dont la moitié impliquent des dommages corporels. A partir de ses données client, l’assureur MACSF Le Sou Médical constate une légèrement augmentation des réclamations, de l’ordre de +8.7% par rapport à 2015.

Les patients privilégient cependant la résolution à l’amiable. Les décisions de justice sont de moins en moins nombreuses, 374 en 2016 contre 416 en l'année précédente. Les procès, moins nombreux, débouchent le plus souvent sur une condamnation du praticien.

Les plaintes concernent surtout les chirurgiens

Lorsque les patients vont jusqu’au tribunal, ils attaquent plutôt leur chirurgien-dentiste. Cette spécialité a engendré 111 plaintes en 2016. Dans un peu moins de la moitié des cas, le professionnel a été condamné.

La chirurgie, qui englobe plusieurs branches, arrive logiquement en deuxième position. Sur les 73 plaintes, la chirurgie orthopédique représente à elle seule 26 litiges. La nature et la complexité des gestes réalisés entraînent un fort taux de condamnation: 64% des chirurgiens sont déclarés coupables.

Les médecins généralistes, très nombreux en France, se classent inéluctablement troisième en volume. En revanche, ils sont condamnés dans seulement 44% des affaires.

Jusqu'à 1 million d'euros de dommages et intérêts

Après un accident chirurgical, la gravité des séquelles présentées par la victime a des répercussions sur sa vie personnelle et professionnelle. De ce fait, ce sont les chirurgiens qui ont le plus versé d’indemnisations en 2016: 5,1 millions d’euros au total. En moyenne, chaque opération ratée a coûté 109.000 euros de dommages et intérêts.

Les sommes peuvent s’envoler lorsque la victime devient inapte au travail. Le seul gynécologue condamné cette année a payé 1.492.331 euros de dommages et intérêts après un retard de diagnostic de cancer. Cette somme couvre la perte de gains professionnel de l’activité hôtelière de sa patiente.

La Depakine et les vaccins en cause

L’assureur souligne que 74 sinistres concernent le scandale de la Dépakine, substance responsable de malformations neurologique chez les enfants exposés in utero. "Comme dans l’affaire du Mediator, il est probable que la responsabilité des médecins prescripteurs sera recherchée dans le cadre de procédures individuelles, surtout pour les naissances survenues après 2006." ajoute la MASC Le Sou Médical.

Conséquence de la méfiance des Français pour les vaccins, 86 réclamations concernent une vaccination.

Emeline Gaube