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56% des Français opposés aux vaccins infantiles obligatoires

Les vaccins infantiles recommandés - onze au total - deviendront obligatoires dès 2018, contre trois actuellement. Une mesure proposée notamment en réaction à la réapparition de certaines maladies, comme la rougeole, mais qui ne fait pas l'unanimité, d'après un sondage.

La vaccination a encore des ennemis. Comme l'a annoncé Edouard Philippe et l'a ensuite confirmé la ministre de la Santé, dès 2018, onze vaccins infantiles seront obligatoires, contre trois actuellement.

L'objectif principal affiché par le gouvernement est de pallier la baisse de la couverture vaccinale sur le territoire et la réapparition de certaines maladies, comme la rougeole, qui a causé la mort de 10 enfants en France depuis 2008.

Malgré ces données, de nombreux parents s'opposent encore aux vaccins. D'après un sondage Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo publié ce vendredi, 56% des Français sont opposés à la mesure annoncée par le gouvernement. 44% y sont au contraire favorables.

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- © Capture d'écran Odoxa/ Le Figaro

Pour les opposants purs et simples aux vaccins, ou pour les sceptiques, les effets secondaires et la composition de ces préparations posent question. Serge Rader, ancien pharmacien et auteur d'un ouvrage intitulé Le racket des laboratoires pharmaceutiques pointe en particulier les vaccins contre plusieurs maladies réunis en une injection. 

"Mettre plusieurs maladies dans la même seringue, c’est hallucinant. Comment voulez-vous qu’un système immunitaire en formation du jeune bébé résiste à pareille agression?", s'interroge-t-il, sur BFMTV.

Record mondial de défiance en France

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, consciente du clivage qui persiste, a expliqué que le gouvernement réfléchissait à introduire en parallèle de la mesure une "clause d'exemption" pour les parents qui s'opposeraient farouchement à la vaccination de leurs enfants. Mais elle envisage également des "sanctions", même si elle mise avant tout sur la pédagogie pour faire avancer l'opinion.

Ces dernières années, la méfiance semble s'être accentuée en France. D'après une enquête conduite dans 67 pays et publiée en septembre dernier, plus de 4 Français sur 10 disent ne pas faire confiance à la vaccination. D'après cette étude réalisée sur 65.000 personnes, si l’importance des vaccins est globalement reconnue, c'est en Europe et en particulier en France qu'on leur accorde le moins de confiance. 

Plus de 4 Français sur 10 doutent

41 % des Français interrogés estiment qu’ils ne sont pas sûrs, et ce chiffre constitue un record à l'échelle mondiale. Dans le détail, 17% doutent de leur efficacité et 12% considèrent que les vaccins infantiles ne sont pas importants.

La défiance des Français peut s'expliquer par plusieurs facteurs, comme le souligne Jacques Cheymol, pédiatre à Clichy, interrogé par BFMTV. 

"La défiance vient d’abord de l’oubli de la gravité de certaines maladies infectieuses de l’enfant. Elle vient des crises sanitaires qui ont émaillé la vie de la France depuis une trentaine d’années, et certainement d’une mauvaise formation médicale et paramédicale par rapport à ce domaine", explique le médecin. 

Les crises sanitaires comme la campagne de vaccination contre le H1N1, dont le risque avait été surévalué, ont sans doute donné du grain à moudre aux opposants, tandis qu'internet et les réseaux sociaux leur ont permis de faire sortir leur discours de la confidentialité.

Charlie Vandekerkhove avec Margaux de Frouville et Katia Kerbous