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Vaccination: les idées reçues qu'il faut oublier

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Deux cents médecins et responsables hospitaliers se prononcent dans une tribune du Parisien en faveur de l'extension de l’obligation vaccinale, comme le souhaite la ministre de la santé Agnès Buzyn. Mais la vaccination fait toujours l'objet d'idées reçues qui ont la vie dure. D'où l'importance de démêler le vrai du faux.

Le vaccin contre la grippe saisonnière n'est pas efficace

Chaque année une campagne de sensibilisation est lancée pour inciter les personnes les plus fragiles (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées, personnes atteintes d’une affection chronique, personnes obèses) à se faire vacciner contre la grippe. Si le vaccin ne contient jamais la même souche de virus d'une année sur l'autre, il permet dans tous les cas de réduire les risques de complications, notamment chez les personnes âgées.

Certes, il n'assure pas une protection à 100% et l'efficacité est moindre chez les seniors en raison de leur système immunitaire plus faible. Mais "les épidémiologistes ont estimé que la vaccination permet ainsi d’éviter 2000 décès chez les personnes âgées de 65 ans et plus et en éviterait davantage si la couverture vaccinale pour les personnes à risque était plus importante", indique le ministère de la Santé.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme pour sa part "que la plupart des vaccins offre une protection contre les trois souches de la maladie ayant la plus forte prévalence au cours d’une saison donnée". La grippe est d'ailleurs plus qu'une simple gêne puisque c’est une maladie grave qui tue de 300.000 à 500.000 personnes chaque année dans le monde.

L'aluminium contenu dans les vaccins est dangereux

Les vaccins sont composés d’une ou plusieurs substances actives d’origine biologique appelées "antigènes vaccinaux", qui sont issus de bactéries ou de virus. Afin de les rendre plus efficaces, l’antigène vaccinal est généralement combiné à un adjuvant qui est très souvent un sel d’aluminium (hydroxyde ou phosphate). Les adjuvants permettent au système immunitaire de répondre de manière efficace et donc de défendre l’organisme contre les infections ciblées par le vaccin.

Mais des interrogations sur le caractère inoffensif de l’aluminium des vaccins sont souvent soulevées, notamment en France. Un lien est notamment mis en avant entre l’injection intramusculaire de vaccins contenant de l’aluminium et l'apparition chez certaines personnes d'une "myofasciite à macrophage". Il s'agit d'un syndrome qui se caractérise par plusieurs symptômes: fatigue, douleurs musculaires ou articulaires, troubles cognitifs.

Sur le sujet, l'OMS indique que "compte tenu des données disponibles, des opinions exprimées et des débats qui se sont ensuivis", elle ne dispose à l’heure actuelle "d’aucun élément qui justifierait de recommander la modification des pratiques vaccinatoires dans le cas de vaccins contenant de l’aluminium."

Par ailleurs, le ministère de la Santé fait savoir que les quantités d’aluminium apportées par les vaccins sont faibles (généralement 0,2 à 0,5 mg par vaccin, et en tout cas jamais plus de 0,85 mg) par rapport aux sources quotidiennes d’apport d’aluminium dans l’organisme (denrées alimentaires, conditionnement alimentaire). Un chiffre qui peut aller de 3 à 5 mg chaque jour par voie orale.

Les vaccins ont des effets secondaires nocifs à long terme

Comme pour tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables (ou effets secondaires). Les effets indésirables les plus fréquents sont une fièvre légère et une douleur ou une rougeur au point d’injection. Des réactions très fréquentes et normales, qui ne durent pas plus de deux jours après la vaccination.

"Les effets indésirables graves sont très rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondies lorsqu’ils surviennent. Le risque de développer une maladie grave en ne se vaccinant pas est beaucoup plus important que celui de voir apparaître un effet indésirable lié à la vaccination", déclare le site Vaccination Info Service. Ainsi, l'OMS cite les exemples de la polio, une maladie qui peut entraîner la paralysie, et de la rougeole, qui peut provoquer une encéphalite ou la cécité.

"S’il est vrai qu’un seul cas de dommage grave ou de décès dû à un vaccin est toujours un cas de trop, il n’en reste pas moins que les avantages de la vaccination dépassent largement les risques", déclare-t-elle. Par ailleurs, il ne faut pas confondre les effets secondaires avec les contre-indications à certaines vaccinations qui sont très rares (maladie, grossesse pour certains vaccins, allergie…).

Pas besoin de se faire vacciner contre des maladies quasiment éradiquées

Pourquoi se faire vacciner contre des maladies qui ont pratiquement disparu en France? Parce qu'elles restent un danger. En effet, la plupart des microbes à l’origine de ces maladies existent toujours: chaque année, on compte encore des cas de tétanos chez des personnes non vaccinées ou qui n’ont pas eu de rappel.

"Concernant les maladies contagieuses, on sait que la présence de quelques cas peut déclencher une épidémie si la majorité de la population n’est pas protégée", précise le ministère de la Santé. Se faire vacciner c'est donc protéger aussi en partie les personnes qui ne le sont pas. A titre d'exemple, certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales (allergie, maladie rendant la vaccination risquée, etc.) ou physiologiques (jeune âge, grossesse). 

Il est donc indispensable que "leur entourage soit immunisé contre certaines maladies afin qu’il ne les leur transmette pas", recommande le ministère de la Santé. Du reste, si certaines maladies évitables par la vaccination sont très rares en France, elles sont encore présentes dans d'autres parties du monde (poliomyélite, diphtérie). Un voyageur peut donc les contracter et les transmettre à leur retour.

Mieux vaut s’immuniser par la maladie que par les vaccins

Certes, la réponse immunitaire produite par l'organisme à la suite d'une vaccination est semblable à celle produite par une infection. Mais dans le premier cas, la personne en court pas le risque de complications liées à la maladie.

Comme l'explique l'OMS, "le prix à payer pour obtenir cette immunité par une infection naturelle peut être un retard mental, dans le cas de l’Haemophilus influenzae de type b (Hib), des malformations congénitales, dans le cas de la rubéole; un cancer du foie, dans le cas du virus de l’hépatite B, ou la mort, dans le cas de la rougeole." Une précaution qui s'applique particulièrement aux enfants puisque les maladies de l'enfance que sont la rougeole, la rubéole et les oreillons peuvent entraîner des complications graves, voire mortelles.

Dans le cas de la rougeole par exemple, les complications les plus sérieuses sont les pneumonies et les encéphalites qui peuvent laisser des séquelles neurologiques. "Lorsque la vaccination n’existait pas, environ 1 enfant sur 2000 présentait une complication neurologique après une rougeole", affirme le ministère de la Santé. La rubéole peut quant à elle entraîner de graves malformations du fœtus si une femme enceinte l’attrape en début de grossesse.

Alexandra Bresson