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Le cancer de moins en moins tabou

En révélant son cancer de la prostate, le journaliste vedette Jean-Pierre Pernaut a fait un geste encore rare de transparence et d'ouverture. Pourtant, assurent d'anciens malades, briser le tabou de la maladie leur a été bénéfique.

Evoque-t-on le cancer de la même manière qu'on le faisait il y a une dizaine ou une vingtaine d'années? Mardi, Jean-Pierre Pernaut a annoncé sur Twitter être malade d'un cancer de la prostate et avoir "subi une intervention chirurgicale". "Tout va bien", a assuré du même coup le présentateur du journal de 13h de TF1.

Agnès a fait le même choix de transparence quand elle a su qu'elle avait un cancer du sein. Quand le diagnostic est tombé, elle n'a eu aucune hésitation, confie-t-elle à BFMTV. Elle a voulu informer son entourage, notamment pour dédramatiser la maladie. De cette période, elle garde d'ailleurs une boîte à souvenirs de mots de soutien et de réconfort "de (ses) collègues de travail, des amis". "Les gens partaient en vacances et ils m'envoyaient une jolie carte", sourit-elle.

"Quand vous dites que vous avez un cancer, ça entraîne un peu un choc chez les personnes. Si on reste simple, si la personne reste ce qu'elle est, les relations s'établissent très vite. Et moi, c'est ce qu'il s'est passé", assure-t-elle sur BFMTV.

"C'est rentré dans les moeurs"

"C'est rentré dans les moeurs", estimait mercredi soir sur notre antenne le professeur Michaël Peyromaure, chef du service urologie de l'Hôpital Cochin, à Paris.

"C'est très fréquent. Quand on le détecte tôt, généralement on le guérit. (...) Finalement on s'aperçoit que beaucoup de gens ont eu un ou plusieurs cancers et sont en pleine forme, donc c'est rentré dans les moeurs", a-t-il analysé.

"Plus les personnes parleront de leur cancer, plus il y aura de gens qui voudront être bénévoles, plus il y aura de gens qui voudront participer à des associations, et ça va permettre de lutter contre ce fléau", estime de son côté le mari d'Agnès au micro de BFMTV.

Cette libération de la parole permet notamment de maintenir un lien social, utile lorsqu'il est question parfois de revenir travailler.

"Je crois très sincèrement que du côté des gens, de leur entourage et même de leur employeur, je pense qu'il y a ce droit à l'oubli qui est en train de se diffuser dans la société", a appuyé le professeur Peyromaure sur notre antenne.

Un retour au travail "facilité" si l'entourage sait

"Le retour au travail est d'autant plus facilité que les collèges, l'entourage professionnel, les managers sont informés et peuvent, le cas échéant, adapter le poste de travail, avoir une attitude beaucoup plus bienveillante", assure Emmanuel Jammes, porte-parole de la Ligue contre le cancer.

Patrick Chêne, journaliste guéri d'un cancer de la vessie et auteur de Le Stade 2 avec le professeur Peyromaure, a également fait part de son expérience mardi soir sur notre antenne.

"J'étais en fin de maladie. Le professeur Peyromaure me dit que je suis guéri. J'ai une chaîne qui m'appelle pour couvrir le Mondial. Ça a été bouleversant pour moi", a-t-il raconté.

"J'ai dit au patron de cette chaîne 'Tu m'appelles, tout le monde sait que j'avais un cancer il y a un an, et tu me donnes l'antenne pour l'événement le plus important de ta chaîne pendant 45 jours, pendant trois heures'. Il m'a répondu 'Je n'y ai même pas pensé. J'ai intégré que t'étais malade, j'ai intégré que t'étais guéri'. Ça m'a fait un bien. Cette confiance m'a donné de la confiance", a assuré Patrick Chêne.
L.A., avec Amélie Rosique, Laurine Velay, Florian Rivais et Marine Scherer