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La musique favorise le développement du cerveau des grands prématurés

Un bébé prématuré - Image d'illustration

Un bébé prématuré - Image d'illustration - Philippe Huguen - AFP

Des chercheurs suisses ont exposé des nourrissons nés entre la 24e et la 32e semaine à une musique spécialement conçue pour eux.

La musique peut aider à construire le cerveau des grands prématurés. Une étude de chercheurs de l'Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève révèle qu'une musique spécialement conçue permet d'améliorer les réseaux neuronaux d'enfants nés entre la 24e et la 32e semaine. 

Habituellement, environ la moitié de ces nourrissons présentent des troubles d'origine neurodéveloppementale. Face à ces déficits neuronaux dus notamment à des stimulations inattendues et stressantes – déclenchement d'alarmes, portes qui s'ouvrent et se referment, bruits divers – et un manque de stimulations adaptées à leur fragilité, les chercheurs ont voulu mettre en place des stimuli agréables et structurants. Ils se sont alors tournés vers la musique.

Trois environnements sonores

"Nous avons rencontré, un peu par hasard, le compositeur Andreas Vollenweider, qui avait déjà mené des projets musicaux avec des populations fragiles et qui s’est montré très intéressé à créer une musique adaptée aux enfants prématurés", explique Lara Lordier, docteure en neurosciences, sur le site de l'Université de Genève

Après des tests auprès de ces prématurés, l'équipe s'est aperçue que ces enfants étaient particulièrement sensibles à la flûte indienne des charmeurs de serpents, appelé le punji. Le compositeur a ensuite créé trois environnements sonores de huit minutes chacun, avec des morceaux de punji, de harpe et de clochettes. 

Des résultats positifs

"Il était important que ces stimuli musicaux soient en relation avec l’état du bébé. Nous voulions ainsi structurer la journée avec des stimuli plaisants présentés à des moments adaptés: une musique pour accompagner l’éveil, une pour accompagner l’endormissement et une pour interagir durant les phases d’éveil", avance la docteure Lara Lordier. 

Lors des IRM réalisés sur les nourrissons, les chercheurs ont alors constaté que les enfants exposés à aucune musique présentaient une connectivité fonctionnelle entre les aires du cerveau moins bonne que les bébés nés à terme. A l'inverse, les réseaux neuronaux des enfants ayant entendu la musique d'Andreas Vollenweider se sont trouvés améliorés.

Pour vérifier les résultats des bienfaits de cette musique sur leur cerveau, les chercheurs vont désormais poursuivre leur évaluation sur les enfants, dont les premiers testés vont avoir 6 ans, l'âge auquel les premiers troubles cognitifs commencent à être détectables.

Benjamin Rieth