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L'infectiologue Eric Caumes plaide pour la réouverture des lieux culturels et sportifs

Sur BFMTV, l'infectiologue Eric Caumes a affirmé que les risques de contamination dans les lieux culturels étaient "beaucoup plus faibles que dans le milieu familial, professionnel ou scolaire", à condition de porter le masque.

L'infectiologue Eric Caumes a plaidé dimanche sur le plateau de BFMTV en faveur de la réouverture des lieux culturels et sportifs, "sinistrés" à cause de l'épidémie de Covid-19, au nom de la santé psychique des Français qui "tombent dans la sinistrose".

"On se transforme en zombies"

"Il faut faire un geste" envers le monde de la culture et du sport "qui sont complètement sinistrés", a déclaré Eric Caumes à notre antenne.

"Je pense qu'il faut vraiment relancer tout ça parce qu'on tombe tous dans la sinistrose, on se transforme en zombies, sans culture, sans loisirs autres que ceux qu'on a chez soi, sans sport", a plaidé le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière.

"A partir du moment où on respecte les mesures barrières, même dans des lieux où il y a beaucoup de public comme les théâtres, les stades, les musées, je pense que les risques (de se contaminer, NDLR) sont beaucoup plus faibles que dans le milieu familial, professionnel ou scolaire", a souligné le médecin.

20% de dépressifs

"On se contamine quand on enlève le masque, en lieu clos et qu'on ne respecte pas la distanciation physique", a-t-il rappelé, et juge les Français "raisonnables" sur le respect des gestes barrières. Il est "possible" que les vacances d'hiver "n'accentuent pas l'épidémie".

"Même si en tant que médecins dans les hôpitaux de Paris, on est en souffrance, je ne suis pas sûr qu'un confinement améliorerait les paramètres psychiques qui sont plutôt inquiétants", avec "20% de dépressifs", a-t-il insisté.

Il s'est néanmoins dit inquiet sur la situation dans les hôpitaux, si l'épidémie venait à exploser. "La limite n'est pas très loin, on est tellement près du niveau de la mer qu'on a peur. Après, on est tout à fait conscients des problèmes psychiques, sociaux, économiques, et je comprends les décisions qui ont été prises" de ne pas confiner le pays, a ajouté le spécialiste, insistant sur la "dimension globale de la santé".

Par E.P avec AFP